LES PRÉCÉDENTS, CADET
CADET, s' adressant à Des Essarts.
M™' Des Essarts, que je...
DES ESSARTS, croyant que Cadet annonce sa femme.
Voyons, Emilie, répète à M. le duc, je t'en prie, ce que tu m'as répondu lorsque je t'ai dit... fSe retournant et ne voyant queCadet.J Eh bien, où est ma femme?
CADET
M™' Des E<sarls, que je viens de rencontrer au moment où elle montait en voiture, m'a chargé de remettre à monsieur ce billet de madame.
DES ESSARTS
Un billet pour moi ?... Quelque chatterie, sans doute... fil ouvre la lettre et lit:j « Mon gros père... » Elle m'appelle son gros père !... (Il continue.] « W" de Lautrec, une de mes amies de pension, à qui je ne puis rien refuser... »
LE DUC, à la princessp.
Aie ! aie ! j'ai déjà entendu ce refrain.
DES ESSARTS, continuant à lire.
« ...M'envoie sa voiture et me prie de venir la rejoindre de suite à Tarbes... Je n'ai que le temps de le jeter mes meilleurs baisers par la portière... Adieu, vilain mari, qui n'es jamais avec sa pauvre femme... Ton Emilie ! »
LE DUC, à la princesse.
Patatras !
DES ESSARTS
C'est singulier ! elle ne m'avait jamais parlé de M™' de Lautrec... Si je partais pour Tarbes?
LE DUC
JS'en faites rien... je connais M™' Des Essarts ; elle serait femme à venir demain au lac de Gaube pour voir si vous y êtes.
DES ESSARTS
C'est pourtant vrai.
LE DUC
Croyez-moi, Des Essarts... changez de système. Voilà dix ans que vous cherchez toujours votre femme et que vous ne la trouvez jamais... Eh bien, laissez-la vous chercher à son tour, et prouvez-lui qu'un peu de coquetterie nepeutpasnuire... même à un mari.
DES ESSARTS
Ma foi, vous avez raison... et sans plus tarder... (Pirouettant sur ses talons et s' adressant avec galanterie