ACTE I". — SCÈNE V
lion, que maintenant elles se zettent toutes à ma tête, sans même attendre que zé me zette à leurs pieds.
LE MARQUIS, S* adressant à Georges.
Ne trouvez-vous pas que notre ami gasconne terriblement?
GEORGES
Que voulez-vous? La Garonne est un fleuve qui coule dans tant de f)ays !
Mais non, mais non ; vous savez bien que zé souis la discréti'on même. Faut-il, par hasard. Vous en donner des preuves? Par où voulez-vous que zé commence? Par la ville ou par la cour, par la finance ou par le théâtre...? Vous me promettez lé secret au moins?
LE MARQUIS
Pouvez-vous en douter ? Nous le garderons, comme on nous le confie.
ANTONELLI
Tenez, z'en çoisis oune entre mille : M™' de Fiennes...
GEORGES
M""' de Fiennes?
ANTONELLI
Oui, mon cer ami, M°" de Fiennes, la toute
çarmanle, la toute blonde M"' de Fiennes. Eh bien» l'autre zour, ze ne sais comment, z'étais à côté d'elle cèz le ministre de Roussie ; depuis dix minoutes, dix minoutes seulement, zé vous zoure, zé causais avec elle et z'égrénais, sans sonzer à rien, mon çapelet de galanterie, lorsque tout à coup z'entends sa voix trembler en m3 répondant, zé vois son regard se pencer vers moi, comme pour me demander grâce... Zé comprends que le moment était venou d'enlever ce pauvre cœur qui ne demandait qu'à se rendre... Madame, lui dis-ze en me rapproçant d'elle, ayez ce soir aux Italiens un bouquet de violettes blances... et vous n'aurez plus rien à mé promettre.
LE MARQUIS Bt GEORGES.
Et le soir ?
ANTONELLI
Le soir, tant qu'a çanté la diva Frezzolini , M"* de Fiennes effeuillait, de l'air le plous distrait dou monde, de splendides violettes blances, dont zé comprenais seul le mystérioux langaze.... Ah! povero M. de Fiennes !
LE MARQUIS
A vrai dire, je ne trouve pas l'histoire si concluante.
ANTONELLI
Per Baccho ! vous êtes difficile... Et que pensez- Vous de la petite Sylvia ?