‹ Comedies de paraventChapitre 18 sur 224 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

BALDACF, WILHELM.

BALDAUF.

Que s'est-il passé, Wilhelm?... Vous pouvez tout me dire... je sais tout... Parlez^ mon bon Wilhelm, sa blessure est-elle profonde ?

WILHELM

Je l'ignore, Baldauf : mon cœur et ma pensée N'ont pris aucune part à leur lutte insensée.

22 hk BELLE CHOCOLATIÈRE.

BALDAUF.

Mais vous ne venez donc pas du Praler? Vous n*avez donc pas suivi Stéphan et Arnold?... Comment ! Deux de vos amis se battent ; vous savez que rissue de ce duel peut être mortelle pour Tun des deux... et votre froide amitié n'a pas tout abandonné pour aller désarmer les combattants ou secourir la victime?

WILHELM

Des amis, dites-vous ? Je n'en ai plus, Madame ; Depuis que vous régnez en tyran sur mon âme, Amis, parents, plaisirs, j'ai tout sacrifié, Et l'amour de mon cœur a chassé l'amitié.

BALDAUF.

Quoi! Vouscroyezm'attendrirenmeparlantainsi, et pour me déclarer votre amour, vous choisissez le moment où peut-être... 0 VVilhelm, ce que vous faites là est affreux... Et moi qui me sentais toute disposée à vous aimer... {Wilhelm fait un geste de bonheur) comme un frère, je vous déteste et vous

défends de me parler.

WILHELM

Mais, Baldauf, leur duel ce n'est pas mon affaire. Hors vous voir, vous parler, tout soin m'est superflu ; Ah ! cruelle, on voit bien que vous n'avez pas lu Ce livre de l'amour et ce vocabulaire Qu'on n'imprima jamais ad usiim Delphini. Car vous sauriez alors quel attrait infini L'on trouve à répéter un rien, fût-il le même, A redire cent fois, sans craindre les longueurs : Mon ange ! Mon trésor ! Et mille autres douceurs, Qui sont temps inédits du verbe amo : je t'aime !

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