‹ Comedies de paraventChapitre 183 sur 224 · ACTE II. - SCÈNE H · texte numérisé non relu

ACTE II. - SCÈNE H

veille, sans doute, elle avait donné... des espérances... un scandale sans nom éclata sous ce toit hier encore si ,pur et si tranquille... Un duel eut lieu, duel funeste, où le jugement de Dieu ne se prononça pas même pour le mari outragé. Blessé grièvement par son adversaire, ivre décolère et de douleur, M. de Lautour partit pour l'Amérique, d'où il n'est jamais revenu. Quantauxdeux amants, ne me demandez pas ce qu'ils firent... n'est-ce pas toujours la même folie après la même faute?... Ils quittèrent tout, enfants, mère, patrie, pour aller se réfugier du côté du lac de Côme et cacher, sur ses poétiques bords, l'immensité de leur bonheur ou plutôt l'immensité de leurs remords... Que se passa-t-il dans cette triste intimité? On ne me l'a jamais dit, et je n'ai jamais voulu le savoir. Toujours est-il, que par un beau soir d'été, celui, à qui M™*" de Lautour avait tout sacrifié, s'éprit d'une passion subite pour une danseuse retraitée, qui faisait, dans le voisinage, de la villégiature avec un vieillard imbécile... La danseuse se laissa enlever... M'"'' de Lautour faillit en mourir... et, après avoir lutté pendant cinq ans contre d'horribles souffrances... elle est revenue à Paris, où elle erre depuis lors comme une âme en peine, et où elle est connue de tout le monde., excepté de ses enfants, qui détournent la tête, quand par hasard elle passe à leurs côtés...

De grâce, madame, n'achevez pas ce déplorable récit ; je ne me pardonnerai jamais...

LA COMTESSE

II est fini, tranquillisez-vous ; vous plaît-ii seulement 'd'en connaître la morale ? fLui tendant la main avec une dignité enjouée,]

Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie.

GEORGES

J*accepte, comtesse, et vous prouverai que je sais tenir ma parole.

LA COMTESSE

A la bonne heure. Auguste vous pardonne et ne se souviendra plus jamais que de son amitié pour vous. (Elle lui donne la main,)

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