‹ Comedies de paraventChapitre 188 sur 224 · ACTE n. - SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE n. - SCÈNE V

LA COMTESSE

Non, c'est un sens qui me manque. Et puis... voulez-vous que je sois encore bien franche avec vous?... II me semble que vous chantez faux.

ANTONELLI

Ganter faux, moi ! Allons donc î... Azoutez tout dé souite que le çanteur vous déplaît...

LA COMTESSE

Non vraiment; le chanteur, dont vous me parlez, ne m'est pas plus désagréable qu'un autre ; il est même amusant à son heure; mais il a un défaut, et un défaut énorme...

ANTONELLI

Et lequel, coumtesse?

LA COMTESSE. '

Comment vous dire ça?... Il est trop ;)rc5^o, trop agitato... on n'a pas le temps de se reconnaître.

ANTONELLI, à part.

Z'y souis. Elle préfère Vandante, (A la comtesse.) Qu'y faire, madame? Lé çanteur est oun homme, et quand il a dé la peine à counténir l'émotion qui déborde dé son cœur...

LA COMTESSE, faisant semblant de battre la mesure.

Bravo, vous voilà dans le mouvement... et maintenant, un soupir et une pause. C'est le refrain d'une cavatine qu'il me semble avoir déjà entendue.

Vous croyez?

LA COMTESSE

J'en suis sûre; seulement, si je me le rappelle bien, il était beaucoup mieux dit.

ANTONELLI

Plous amoroso peut-être ?

LA COMTESSE

Oui, plus amoroso.

ANTONELLI

Que voulez-vous ? Çacun a sa méthode.

LA COMTESSE

Je le sais ; et vous excellez, mVt-on dit, dans les airs di hravura.

ANTONELLI

C'est moun fort, coumtesse. (A part.) Ze m'en vais l'éblouir! (Haut.) Vous en penserez ce que vous voudrez, ma, foi d'Antonelli, ze n'en ai pas encore trouvé oune, oune seule, qui né soit fascinée par la maestria que ze déploie, quand z'attaque moun grand air... Italie, Angleterre, Allemagne, il n'est pas oune countrée au monde, où ze n'aie fait fanatismo.

LA COMTESSE

Et la France, vous n'en dites rien ?

ANTONELLI

La France? C'est moun pays dé prédilection...

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