‹ Comedies de paraventChapitre 189 sur 224 · ACTE II. - SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II. - SCÈNE V

Dépouis que z*ai mis les pieds sur voire bitoume parisien, il né se passe pas un zour, que ze né soupe en tête à tête avec oune nouvelle victime, que z*ai faite dans la matinée.

LA COMTESSE

Et vous ne craignez pas qu'un de ces soirs la statue du Commandeur...

ANTONELLI

Ze voudrais bien voir !

LA COMTESSE

Prenez garde, don Juan, au moment où vous y penserez le moins, la terre s'ouvrira sous vos pieds, et vous disparaîtrez sous le théâtre, au milieu de flammes du Bengale.

ANTONELLI

Çansons que tout cela !

LA COMTESSE

A moins cependant qu'une de vos victimes ne se contente tout simplement de se moquer de vous.

ANTONELLI

Oun voit bien que vous ne les connaissez pas.

LA COMTESSE

La liste en est donc bien longue ?

ANTONELLI

Mil e tre, coumtesse, mil e tre !

Mille et trois !... Mais, c'est tout un volume des

282 LE SEÊGE.

Victoires et Conquêtes... Et les trois, seulement les trois dernières, comment les nommez-vous?

ANTONELLI

Ze ne sais si ze pouis...

LA COMTESSE

Pourquoi donc, prince? Puisque vous êtes en veine de discrétion, à quoi bon vous gêner?

ANTONELLI

Ze vous obéis... D'abord M°" de Tiennes, vous savez la toute blonde et toute çarmante M""' de Tiennes...

LA COMTESSE

Vraiment... et puis?

ANTONELLI

La petite Sjlvia...

LA COMTESSE

Pas possible... et la troisième?

ANTONELLI

Oh! la troisième, coumtesse, c'est la plous belle, la plous adorable dé toutes...

Y compris les mille?

ANTONELLI

Ze crois bien ; ma, vous lé dirai-ze en toute houmilité, z'en souis encore à entendre lé mot décisif qui doit toumber dé sa zolie bouce.

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