LA COMTESSE, UN LAQUAIS
LA COMTESSE, éclatant.
L'imperlinenl ! m'en voilà enfin délivrée î A-t-on jamais vu pareilleaudace et pareille fatuité?... Quelle est donc la morale à la mode aujourd'hui , pour que le premier présomptueuxvenu ose parlerainsi à une honnête femme et s'imagine en faire la conquête d'emblée?.... Du moins M. de Rirwan m'a-t-il témoigné plus de respect et plus de déférence ; mais dans l'émotion même qui faisait trembler sa voix, n'y avait-il pas plus de danger pour moi que dan.s les allures fanfaronnes de ce petit-fils de Jules-César?... Pourquoi donc aussi Fernand n'était-il pas là? S'il avait été à mes côtés, comme un soldat à son poste, aurais-je eu à craindre et à soutenir un tel assaut? Bah! à cœur vaillant rien d'impossible... et la place a su se défendre, bien que tous ses défenseurs ne fussent pas sur la brèche... C'est singulier 1 mais j'ai comme un pressentiment que
Je marquis n'est pas étranger à toute cette échauffourée... Ah! marquis, si j'en avais la preuve, je m'en vengerais... sur votre femme. Et mon prince irrésistible que j'allais oublier! Comment m'en débarrasser? Comment lui ôter l'envie de revenir jamais à la charge?... fElle réfléchit.)
LE LAQUAIS, annonçant.
M. le marquis de Blossac.
LA COMTESSE
C'est cela, il vient voir où en est le siège. Ma foi, à la guerre comme à la guerre ; puisque c'est lui qui m'a valu cette attaque sur toute la ligne, je vais le faire tirer sur ses troupes.