ACTE m. - SCÈNE II
ANTONELLI
Comme vous, si vous voulez : ze vais droit au bout, moi !
GEORGES
C'est connu ; vous nous avez déjà fait votre profession de foi... Mais, la comtesse?...
Attendez donc... Ze venais de lui exprimer ma passion dans les termes les plus broulants, lorsque, à un mot qui m'éçappe, ze ne sais coument, elle passe derrière ma çaise, altace soun mouçoir sour mes yeux, et mé pousse dans lé boudoir, en mé récommandant dé n'en sortir qu'à oun signal convenou... Vous coumprénez? c'était oun dernier scroupoule.
LE MARQUIS
Evidemment.
ANTONELLI
Z'attends oun moment... Rien. Z'attends encore... pan, pan, pan... c'est lou signal... Ze m'avance, lou cur plein d'espoir, et ze me trouve visà-vis de qui?... Dou marquis! !... Vous zouzez dé ma colère?... Z'ai pris mon çapeau... et mé voilà !
GEORGES
Je le conçois. Pour la première fois de votre vie, vous êtes venu, vous avez vu et vous n'avez pas vaincu... Ah ! ce n'est pas comme avec la maman de Sylvia... Mais ne soupçonnez-vous pas que
tout cela était arrangé d'avance entre le marquis et la comtesse pour dépister votre galanterie?
ANTONELLI
Fer BacchOy si ze le soupposais !... (La comtesse entre sur les dernières paroles d'AntonelH. — Elle est mise avec la plus grande élégance, et s'avance, de l'air le plus dégagé, du côté du groupe où se trouvant le comte et la marquise.)
GEORGES, à part.
La comtesse !... (A Antonelli.J Tenez, prince, vous pouvez en avoir le cœur net : voici précisément M"** de Lagorce qui entre.