ACTE m. - SCÈNE IX
LA COMTESSE
Ma foi, je ne m'en souviens plus... Ah! si, du Vésuve !
LE COMTE
Vraiment, du Vésuve?... fApart.J Ce n'est guère adroit. fA la comtesse,) Et puisque nous en sommes sur le chapitre des explications, m-e direz-vous aussi... toujours avec la même franchise, ce qui a pu vous faire changer d'idée et vous engager à venir tout à coup à ce raout?
LA COMTESSE
Je m'ennuyais, mon ami.
LE COMTE
Ah!
LA COMTESSE
Vous savez bien... L'ennui naquit un jour de...
LE COMTE
C'est singulier, je croyais que vous n'étiez pas de cet avis ?
LA COMTESSE
C'est vrai ; mais depuis, on m'a prouvé que je n'avais pas le sens commun.
LE COMTE
Tiens, et quel est l'heureux mortel...?
LA COMTESSE
Trois heureux mortels, s'il vous plaît, et pas un
de moins : d'abord M. de Kirwan... ensuite, Anlonelli... et, comme bouquet, le marquis!
LE COMTE
Tous trois à la fois?
Oh ! non ; l'un après l'autre. . . je ne me suis laissé convertir que peu à peu.
LE COMTE
Et c'est le marquis qui a eu l'honneur de vaincre vos derniers scrupules?
L4 COMTESSE
Comme vous le dites, c'est le marquis... Et vous? Il paraît que votre conversion vous a coûté bien moins de... de scrupules?
LE COMTE
Le premier pas... et tout a été dit.
LA COMTESSE
A la bonne heure... je suis charmée de vous voir dans de pareils sentiments... Aussi, où avions-nous la tête, je vous le demande, d'imaginer qu'il ne pouvait y avoir de bonheur pour nous, que dans notre Thébaïde de la rue St-Honoré?... Sans doute elle avait bien ses charmes, et la voix de M. Loulou en corrigeait assez gentiment parfois la solitude et la monotonie... Mais, franchement, cela pouvait-il nous suffire, et n'avions-nous rien de mieux à faire que de nous aimer sin-cé-re-ment,