SCENE II
Oui, papa ; j'ai rêvé chai.
m""* turcaret.
Avez-vous déjeuné ce matin ?
ANGÉLIQUE
Oui, maman, j'ai mangé du sucre.
M. TURCARET
Que faisiez-vous donc quand vous êtes entrée?
ANGÉLIQUE
Rien, papa.
M™' TURCARET
Mais vous aviez à la main une fleur, ce me semble?
ANGÉLIQUE
Non, maman.
m""' TURCARET.
Savez-vous bien, monsieur Turcaret, qu'il nous sera difficile de marier une pareille innocente ? J'étais pourtant ainsi quand vous me rencontrâtes à la foire de Falaise.
M. TURCARET
Malpeste, vous vous êtes bien corrigée depuis un demi-siècle!
m""" TURCARET.
Plaît-il?
M. TURCARET
J'ai dit: Malpeste, les filles secorrigent vite dans ce siècle !
m""" TURCARET.
Approchez, Angélique, et cessez de bayer aux corneilles, quand votre mère vous fait l'honneur de descendre jusqu'à votre infirmerie...
M. TURCARET
Inlirnfîité, madanne Turcaret...
m"*' TURCARET.
Infirmité, Angélique. Vous êtes grande, suffisamment accorte, et les gens qui vous veulent du bien se plaisent à trouver dans vos traits un peu de ma fraîcheur et de ma bonne grâce. Si je ne me trompe, vous aurez dix-sept ans aux lilas?
ANGÉLIQUE
Aux mirabelles, maman.
Aux lilas, vous dis-je. Il n'est pas bienséant de cacher son âge. Quand vous aurez comme moi vingthuit printemps...