M. TURCARET, M™* TURCARET, M""' JACOB
m"^" JACOB, entrant et s' interposant entre les deux époux.
Calmez-vous, mon frère ; doucement, ma sœur. Pourquoi vous emporter de la sorte? De pareilles vivacités troublent l'accord des ménages, et...
Eh ! madame Jacob, portez ailleurs vos leçons et voire entremise.
M. TURCARET
Votre sermon vient mal à point, ma sœur, et vous auriez mieux fait de le garder par devers vous.
m""' JACOB.
Pardonnez-moi : je n'ai pas l'intention de vous contredire... Je ne saurais, sans nuire à mon petit commerce, être désagréable aux gens.
Que parlez-vous maintenant de votre petit commerce, et ne sentez-vous point que c'est là une matière fort déplaisante à traiter entre nous? Il m'est des plus fâcheux, sachez-le bien une fois pour toutes, d'être alliée à une personne de votre petit commerce et de votre petite condition, et c'est un grand ennui pour le renom de ma distinction et de mon élégance, que votre petit commerce et votre petite boutique. Si on l'ignorait encore, le mal serait moindre ; mais l'envie des petites gens ne manque pas d'en gloser et d'en faire des gorges chaudes, et s'il me plaît d'en éclabousser un ou deux du haut de mon carrosse, je ne puis me donner cette fantaisie, sans m'entendre crier aux oreilles: Vous voyez cette grande dame qui ressemble à une déesse , eh bien , c'est la belle-sœur de M""" Jacob la revendeuse à la toilette!... Et puis,