‹ Comedies de paraventChapitre 8 sur 224 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

STÉPHAN

Je comprends. C'est un échange de politesse entre la grosse cavalerie et Ja cavalerie légère.

ARNOLD, à Wilhehn.

Diable! Comme la colombe s'est vite effarouchée !... La première fois, je lui vole un baiser.

WILHELM

Ciel ! que dites-vous là ? Pensez-vous de ce cœur, Par de tels iDrocédés, adoucir la rigueur? C'est par des petits soins, des paroles rêveuses, Que l'on doit captiver les jeunes amoureuses.

ARNOLD

Laissez-moi donc tranquille ! Je n'entends rien à toutes ces sornettes, et j'ai pour réussir auprès de la belle des moyens plus sûrs que vos madrigaux et vos bergeries.

ALBRECHT

Il faudra bien pourtant qu'un jour ou l'autre elle se décide à faire un choix... (Se tournant du côté de Stéphan et de J\P Wolfcarius) Qu'en dis-tu, Stéphan?

STÉPHAN

Ah ! je vous laisse le champ parfaitement libre, et vous n'aurez jamais en moi un rival bien dangereux. Sur l'honneur, on formerait une légion avec les amoureux de Baldauf , et je ne tiens pas à m'y enrôler en si nombreuse compagnie. Elle est charmante, elle est bonne, elle est sage... soit ; mais je ne l'aime pas! Et ma liberté, ma chère et douce

liberté, que (ievicndrail-elle, si, comme à vous, il me preuciil la fanlaisic de soupirer du soir au malin pour la belle inhumaine? Et, fse tournant avec inttution du côté d'Arnold) quoi qu'on en pense au régiment, Baldauf n'est pas une fille à se laisser prendre à une galanterie de corps de garde... El me voyez-vous d'ici lui offrant gravement d'écarleler les armes des Dietrichstein d'une tasse de porcelaine de Chine sur fond chocolat?

M** WOLFCARILS.

11 est vrai que le chocolat n'est pas une couleur héraldique, et c'est assurément un tort.

STÉPHAN

Oh! la bonne plaisanterie!... Et comme rnesaïeux en riraient à gorge déployée !

ARKOLD.

Eh bien, moi... J3 n'y mets pas tant de pruderie : j'en suis amoureux, mes maîtres... et je défends que d'autres y pensent.

PETER, FRANZ ET ALBRECHT, se levant.

Comment?

ARNOLD

Oui, messieurs, Baldauf me plaît; de mon côté, je ne peux tardera lui plaire. Il ne me convient pas que vous cherchiez désormais à lui plaire du vôtre.

ALBRECHT

Est-ce une plaisanterie ou une menace?

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