SCÈNE Xm
FRONTIN, à Angélique.
Ne vous en ai-je point informée ?
m"" JACOB.
Et c'étaient des cris, des jurons, des morts de ma vie à bouche que veux-tu ! Comme vous devez m'en croire, j'ai eu bien garde de chercher à calmer Temportement qu'ils faisaient paraître, et je suis venue en courant vous engager (s' adressant à FrontinJ à quitter la place sans tarder, et quant à vous, ma nièce fse tournant du côté d' Angélique] j à vous défaire de votre amour.
ANGÉLIQUE
Non, non, ma tante; l'aveugle colère de mes parents ne saurait rien changer à mes sentiments : une fille de mon âge a pour éclairer son amour des moyens plus certains que tout ce grand bruit et ces vaines fureurs...
FRONTIN
Chère Angélique !
Chère nièce !
ANGÉLIQUE
Et ce ne sera ni mon père, ni ma mère, ni monsieur Rafle qui auront à ce sujet quelque empire sur mes décisions.
FRONTIN
Comme elle parle !
m"""" JACOB,
Comme elle se résoud !
ANGÉLIQUE
Qu'ils le sachent bien, je ne suis point une niaise à mener h la lisière. J'ai plus de discernement qu'ils ne l'imaginent, et ce n'est pas moi qui, sur des dehors empruntés, prendrais un valet pour un gentilhomme.
\ FRONTIN
Certes !
Allons donc!
ANGÉLIQUE
Il n'y a point d'extrémité où je ne m'abandonne pour me soustraire à leur tyrannie, et ne me sens point troublée de l'effet de leurs menaces et de leur déplaisir.
FRONTIN
Quelle fermeté !
Quel caractère !
ANGELIQUE
Ah! ils prétendent me marier à M. Rafle, un chafouin sans carrosse et sans titre, un pied plat crotté jusqu'à l'échiné... Ah fi ! j'entre en défaillance rien que d'y songer... et je supporterai mille morts plutôt que d'appartenir à un autre qu'à la Frontinière ! fM. Turcaret et ^/™® Turcaret entrent doucement sur les dernières paroles c^ Angélique. J