‹ Comedies de paraventChapitre 88 sur 224 · JOHANN, CHARLOTTE · texte numérisé non relu

JOHANN, CHARLOTTE

(Au moment, où le rideau se lève, la scène est plongée dans une demi-obscurité. — Charlotte, qui est assise dans le grand fauteuil, dort auprès de son rouet. — Johann sommeille de son côté, le coude appuyé sur la table. — On entend au dehors le bruit de Vorage et du vent.)

JOHANN. (Il parle en dormant.) Keller..., voilà ta farine... deux sacs... et deux sacs... font deux sacs... le reste est pour la moulure... (Silence.)

CHARLOTTE. fElk rêve tout haut.)

Le brouillard des nuits... court sur les bruyères du Greuzberg... une blanche vapeur.., s'élève du Mummelsée... (Silence.)

JOHANN, même jeu.

De la bière ... ou du vin ?... Buvez encore... encore... toujours... Quand vous serez sous la table... vous payerez double.

CHARLOTTE, même jeu.

Minuit!... C'est l'heure... où les Ondines... sortent du fond des eaux... elles chantent dans les roseaux... et leur ronde légère... se balance sur le lac profond.

JOHANN, même jeu.

Respect au bourgmestre... vauriens!... Ou je vous envoie... en prison... dans ma cave... dans mon moulin...

CHARLOTTE, même jeu.

N'écoute pas... leurs voix perfides... elles le charment... des longs regards... de leurs yeux verts... le jour se lève... qu'est devenu le voyageur?... (On frappe violemment à la porte. — Johann et Charlotte se réveillent en sursaut.)

JOHANN, sans se lever.

Holà! Qui va là?

CHARLOTTE

Va donc voir, vieux dormeur. (Hélène entre; elle est en costume (f amazone.)

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