‹ Comedies de paraventChapitre 89 sur 224 · LES MÊMES, HÉLÈNE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, HÉLÈNE

HÉLÈNE

Pardonnez-moi, monsieur, d'entrer de celte façon... mais j'ai été surprise par cet affreux orage... je me suis complètement égarée, et si je n'avais trouvé la porte de votre cour ouverte, je voyais le moment où j'allais être emportée avec mon cheval dans la rivière.

JOHANN

Veuillez vous regarder comme chez vous, madame.

HÉLÈNE

Chez qui ai-je l'honneur de recevoir une si gracieuse hospitalité?

JOHANN

Chez le bourgmestre de Forbach.

HÉLÈNE

Et cette charmante jeune femme est alors...?

CHARLOTTE, faisant une révérence.

Madame la bourgmestre... pour vous servir.

HÉLÈNE

Je crains en vérité d'être indiscrète, et je ne sais si je puis...

JOHANN

Pas le moins du ;monde ; je suis bourgmestre, c'est vrai... mais je suis également aubergiste.

HÉLÈNE

Je resterais bien volontiers ; mais si ce soir même on ne me voyait pas revenir à Bade, on serait dans une inquiétude...

CRARLOTTE.

Impossible, madame ; les chemins sont défoncés par la pluie; mon mari devait d'ailleurs y envoyer dans une heure un des garçons de son moulin, et rien ne sera plus facile...

HÉLÈNE

Ah ! vous êtes meunier aussi ?

JOHANN

xMon Dieu, oui, madame: bourgmestre, aubergiste et meunier...

HÉLÈNE, souriant.

Et marié ?

JOHANN

Et marié, comme vous voyez ; aussi je vous assure que je n'ai guère le temps de m'ennuyer ; mon auberge d'un côté, mon moulin de l'autre, ma commune à administrer, mafemmeàdorlotler... cane va pas tout seul, vous pouvez m'en croire, et il y a des moments où je ne sais plus où donner de la tête.

CHARLOTTE

Plaignez-vous donc, monsieur le bourgmestre ; on vous en donnera souvent des meunières comme moi.

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