SCENE m
JOHANN
On a bien raison de dire que toujours ce que femme veut... une autre femme le veut!... Il n'y a vraiment que ces Françaises pour se prêter à de pareilles folies... C'est égal... elle est très-gentille cette jeune dame... et puis, elle a un air si aimable, si bon enfant, qu'on se sent tout d'abord à Taise avec elle... 11 y a à peine dix minutes que je l'ai vue pour la première fois... et il me semble que je l'ai toujours connue... et pour un rien.... Eh bien, maître Johann, qu'est-ce que vous dites donc là ?... Si votre femme vous entendait... (L'orage redouble de violence.) Ah î bien oui, il n'y a pas de danger!... Lèvent et la pluie font un tel vacarme... que c'est à peine si je m'entends moi-même... (La tempête continue.) Bon! voilà la grêle à présent... quelle soirée ! Il fait un temps à ne pas mettre un huissier dehors... Ma foi, avec un pareil déluge, il ne doit pas faire bon d'être dans la montagne.... (La pluie tombe à torrents) Si ça continue, la rivière débordera bien sûr... Pourvu que cet animal de Fritz ait levé les pelles au moins... Il faut que j'y aille voir... (Il se dirige du côté de la porte. — Aumoment où il va pour sortir, Roger, en costume de chasseur, entre violemment, comme s'il était poussé du dehors et heurte Johann.)