SCENE XL
DULISTEL, sortant le premier delà salle à manger , DESROSOIRS,
ALBERTINE, CŒLIE, LÉOPOLD, VICTOR, qui reste au
fond du théâtre.
DULISTEL, à Desrosoirs qui entre derrière lui.
• Si tu veux que je t'emmène... iinis-en !
DESROSOIRS.
Un déjeuner brusqué ne valut jamais rien! Et, puisque ton cabriolet est prêt, tu me jetteras en face de la Bourse, à la Porte chinoise, où j'ai des emplettes à faire pour quelques-unes de mes clientes.
DULISTEL.
Comme tu voudras, (cherchant sur le secrétaire.) Mes bordereaux et mon portefeuille !... mes gants, mon chapeau!
COELIE montre à Victor, qui les présente à son maître, les gants et le chapeau placés sur une chaise.
Ils sont là, colonel! (a part.) Dieu ! que cela donne de mal, le départ d'un guerrier pour la Bourse ! (a Duiistei qui va pour sortir.) Et ma sœur que vous n'embrassez pas ï
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DIILISTKL, embrassant sa femme.
C'est vrai !... Adieu, clii're amie!
DESROSOIRS, à Dulistel.
Et les bordereaux?
(Hulistel revient prendre sur le secrétaire les papiers qu'il avait laissés.) COTLIE, vivement, à Alhertine.
Ail! mon Dieu! ma sœur, j'oubliais... Viclor m"a dit que qucl(iu'un demandait à te pirler en particulier.
ALBERTIXE, souiianl.
A moi ?
VICTOR, s'avança:it entre Albertine et Léopold.
Oui, madame, un jeune homme... qui n'a pas voulu dire ton nom.
ALBERTIXE.
Ah !... et pourquoi?
VICTOR
Il prétend que vous saurez ce que c'est, et qu'il y'wni de la Petite-Rue- Saint-Rocli, w 7.
LÉOPOI.D, regardant Albertine avec indignation.
Ciel!...
ALBERTIXE, troublée.
Oui... en effet!... Je sais pour quel motif !... Je vais le
recevoir, (a Dulistel, qui sort avec Desrosoirs et Victor.) AdieU, mOll
ami !
DCLISTEL, entraînant Desrosoirs.
Allons, partons !
(ils sortent.) ALBERTIX'E, regardant Léopold avec embarras.
J'espère qu'aujourd'hui, à notre soirée, nous aurons le plaisir de voir M. de Mondeville?
LÉOPOLD, sèchement.
Non, madame, je ne pourrai.
CCELIE, tristement.
Quel dommage !
ALBERTIXE.
Eh ! pourquoi donc?
LÉOPOLD, séVèrement.
Je vais vous le dire, madame, si vous voulez !
ALBERTIXE, effrayée et regardant Coelie.
Pas m:iintenant !
LÉOPOLD, avec amertume.
C'est juste ! on vous attend; et, plus tard, je craindrais encore d'O-tre indiscret ; car vous avez accorde une audience à M. Desrosoirs.
ALBERTIX'E, avec embarras.
C'est vrai, pour quelques instants... Mais tantôt, à deux heures, je serais charmée... aujourd'hui comme toujours, de recevoir votre visite. (D'un ton à moitié suppliant.) Puis- je y compter?
LÉOPOLD, après avoir hésité un instant.
Je viendrai, madame.
'.^11 salue Albertine, qui sort vivement par la porte à gauche. \