‹ Comédies, dramesChapitre 125 sur 170 · CÉSARINE, M. DE MIREMONT · texte numérisé non relu

CÉSARINE, M. DE MIREMONT

CÉSARINE

Eh bien ! mon ami, je vois avec plaisir que cela va mieux.

M. DE MIREMONT

Non, vraiment!

CÉSARINE

La figure est excellente ! . .

M. DE MIREMONT

Oui, mais je sens là...

CÉSARINE

Quoi donc?

M. DE MIREMONT

Je ne peux pas dire... et c'est là ce qui m'effraye.

Savez-vous ce qui vous ferait un bien infini?... ce serait de sortir un instant... en voiture...

M. DE MIREMONT

Du tout, je ne veux pas m'exposer au grand air.

CÉSARINE

Aussi nous irions' dans un endroit bien clos, bien fermé... par exemple, à la Chambre des députés, où il y a, dit-on, aujourd'hui une séance des plus intéressantes.

M. DE MIREMONT

Je m'en garderais bien; le docteur Bernardet m'a défendu de sortir.

CliSARINE.

Mais, monsieur...

M. DE MinEMONT.

Il me l'a défendu !... C'est tri's-dangercux !

CÉS.VIUXE.

Permettez!...

jM. de miremont.

Vous-même en êtes convenue ! Vous savez que je suis souffrant, et vous nio l'avez dit !

CÉSARINE, à part, avec dépit.

Mais c'est qu'il me croit maintenant, et impossible de le dissuader ! Ah ! s'il m'arrive désormais de le rendre malade...

M. DE MIREMOXT, s'asseyant.

Je suis, parbleu ! assez fâché de ne pouvoir sortir... j'aurais été aux élections de Saint-Denis, et je vais me contenter d'écrire aux électeurs les plus influents en faveur de M. Edmond qui vient aujourd'hui diner avec nous,

CÉSARINE

Comment... il viendra!

M. DE MIREMONT

C'est vous qui ce malin m'avez conseillé de lui envoyer une invitation... Un garçon de mérite qui pourrait bien devenir mon gendre, car ma tille le protège ; elle m'en a parlé.

CÉSARINE, cherchant à se modérer.

Agathe ! et c'est elle que vous croyez ?

M. DE MIREMONT

Si elle était la seule... je ne dis pas ! mais vous aussi, vous-même, malgré votre antipathie, n'avez pu vous empêcher tantôt de lui rendre justice, de me parler en sa faveur !

CÉSARINE, avee embniras.

Moi, je ne m'y connais pas, et j'ai pu me tromper ; tout le monde se trompe.

M. DE MIREMONT

Mais Bernardet, qui s'y connaît, et en qui nous avons tous deux confiance ; Bernardet son ennemi, qui n'a cessé de me le vanter, de me le recommander!

CÉSARINE, à part.

0 mon Dieu ! tout tourne contre moi !

M. DE JIIREMONT.

Et il est de fait, comme je l'ai dit à ma fille, que s'il est nommé député...

CÉSARINE, vivement.

Il ne le sera pas... il ne peut pas l'être.

M. DE MIREMONT

Et pourquoi pas?... comme tout le monde...

CÉSARINE

Parce qu'il n'a ni les protecteurs, ni le crédit, ni l'influence nécessaires...

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