M. DE MIREMONT, EDMOND, CÉSARINE
EDMOND, entrant vivement.
Ah ! madame ! que ne vous dois-je pas ? vous êtes ma fée protectrice, mon ange gardien ! De tous les côtés il m'arrive des amis... et ces amis, ce sont les vôtres.
CÉSARINE, à part.
Les sots! ils se sont tous donné le mot! il n'y a rien d'insupporia'ole comme les cabales et les coteries!... et Bernardet qui ne vient pas... qui n'est pas là pour les prévenir!
Ce que je ne conçois pas, c'est qu'ils ont abandonné Oscar, que j'ai rencontré et qui est furieux... il paraît qu'il a essuyé un échec au second collège.
CÉSARINE, à part.
Le mallieureux ! il a parié !
Et moi, des gens que je n'ai point sollicités... à qui je n'ai rien demandé, m'offrent leurs services !
M. DE MIREMONT
J'allais écrire pour vous aux principaux électeurs.
Est-il possible ! Ah ! c'est trop de bontés, c'est trop de bonheurs; ils m'arrivent tous à la fois... sans que je les aie mérités ni que je puisse les comprendre... et si cela continue ainsi, je vais presque croire au succès.
CÉSARINE
Pas encore ! c'est l'appui du ministère qui peut tout décider... et si le ministère porte un autre candidat, la lutte est incertaine.
EBMOND, effrayé.
Ah! mon Dieu!
M. DE MIREMONT
Avez-vous quelque protection de ce côté-là?
Eh! mou Dieu! non; mais madame m'avait promis de parler au ministre.
CÉSARINE
Oui... mais par malheur je n'ai pu le voir; sans cela!...
Alors rien à espérer, car je ne connais personne dans les bureaux.
LA CAMARADERIK 361