‹ Comédies, dramesChapitre 39 sur 170 · ALBERTINE, LÉOPOLD · texte numérisé non relu

ALBERTINE, LÉOPOLD

ALBERTINE, après un moment de silence, et souriant arec embarras.

Quoi ! vraiment, monsieur Léopold, vous en rivalité avec Desrosoirs? ce n'est guère probable !...

LÉOPOLD

Cela est... cependant !... c'est-à-dire cela était ; mais alors même (jue l'amour n'existe plus... il est des souvenirs pénibles, humiliants, qui froissent tout ce qu'il y a en nous de sentiments généreux ; et jugez vous-même si je n'ai pas raison d'être indigné !... J'aimais une femme, belle, vertueuse... qui méritait les adorations du monde entier, et, pour récompense de mes soins assidus, de mes tourments, de mon amour, je n'avais reçu d'elle que dédains, froideur, indifférence... je ne m'en plains pas, madame K., malheureux par ses rigueurs, j'étais heureux de l'estime qu'elle me forçait de

lui accorder, et je la respectais, je la révérais à l'égal de Dieu même, que nous adorons encore alors qu'il repousse nos vœux...

ALBERTINE

Ah !... monsieur!... un pareil dévouement...

LÉOPOLD

N'était pas une raison pour être aimé... je le sais, je me rends justice... mais je me disais : Si je ne suis pas digne de sa tendresse, je le suis du moins de son amitié, de sa confiance... elle peut bien les donner à celui qui lui donnerait sa vie... et il me semblait qu'à ce titre... j'y avais quelques droits... n'cst-il pas vrai, madame?

ALBERTINE

Ah! sans doute...

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