SCÈNE VIII
HENRI, GEORGE, WALPOLE
WALPOLE, tenant un portefeuille qu'il pose sur la table et en tirant un papier.
Voici les affaires dont il est urgent que Votre Majesté donne d'abord connaissance à son nouveau ministre, c'est relatif à l'Espagne...
GEORGE, prenant le papier.
C'est bien, nous en jjarlerons! mais jias aujourd'hui... pas ce matin!... Je dois sortir à cheval avec la reine.
HENRI
Me sera-t-il permis d'accompagner Leurs Majestés?...
GEORGE
Certainement... c'est avec grand plaisir que je vous verrai à cette promenade, (a AVaipoie.) Au fait, c'est charmant, un jeune ministre... ça monte à cheval!... (a Henri.) Nous ne pourrons pas causer, la reine sera là !... mais cela se retrouvera... (a voix basse.) Il v a bal Ce soir à la cour, vous y viendrez?...
HEXRI, de même.
Oui, sire !... je n'aurai garde d'y manquer !
WALPOLE, à part.
Qu'ont-ils donc à se dire ainsi à voix basse? (uaut.) Puisque
L AMBITIEUX
Votre Majesté ne s'occupe point de ces papiers, je les lui redemanderai...
GEORGE, les donnant à Henri.
C'est lui que cela regarde !... Tenez, Henri, voyez... examinez, et faites-moi un rapport sur cette question...
WALPOLE
Qui est importante ! car il s'agit ici de la paix ou de la guerre.
HENRI
Je ne cache pas à Votre Majesté que je tiens à venger les injures faites au pavillon national ; ce fut toujours mon avis...
WALPOLE
Oui, (juand tu n'étais pas ministre ; c'étaient alors des idées de jeune homme, des idées chevaleresques, mais maintenant...
IIEXUI.
Maintenant, mon oncle, cela me semble un devoir ; telle est du moins mon opinion.
Ce n'est pas la mienne... avant tout, l'intérêt des finances!...
HENRI
Avant tout, l'honneur du pays!...
WALPOLE
Et je soutiens, moi...
GEORGE, à Walpole et montrant Henri.
Permettez, cela le regarde... c'est lui qui est responsable...
HENRI
Pardon, mon oncle, d'être d'un avis différent du vôtre ; mais ne me condamnez pas sans me juger : j'expliquerai, je développerai les motifs de mon opinion dans ce rapport que Sa Majesté veut bien me demander, et que je vous soumettrai d'abord...
OEOUGE.
Comme vous voudrez... ou que vous me remettrez à moimême tout uniment... car entre nous point de gêne, point d'étiquette... Qu'il n'y ait ni prince ni ministre, mais seulement deux amis; et cette amitié que je vous offre... (Lui tendant la main.) l'acceptez-vous, Henri ?
HENRI, s'inclinant.
Ah! sire... c'est à mon oncle que je dois tant de bonheur ! combien je l'en remercie !
GEORGE
Et moi plus encore !... (a Waipoio.) Car voilà le ministre qu'il me fallait !
WALPOLE
Vraiment !
GEORGE
Oui, nous venons de causer ensemble, et vous aviez raison de me le vanter ! Capacité, talents, connaissance des affaires... tout en lui se trouve réuni ! (a Henri.) Et quant à ce dont je voulais vous parler... et que je recommande à votre discrétion...
WALPOLE
De quoi s'agit-il ?
GEORGE
Rien; c'est entre nous... (a Henri.] Vous avez, dit-on, à quelques lieues de Londres, une villa itahennc, une maison de campagne charmante?...
HENRI
Une maison de garçon...
GEORGE
Demain j'irai vous y demander à déjeuner, nous y causerons plus à l'aise qu'ici... (a Waipoie.) Vous, mon cher Robert, et jusqu^à ce que tous nos arrangements soient pris, le plus grand silence avec tout le monde sur la nomination
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de votre neveu! (voyant entrer un page.) Mais On nous attend! venez ! venez ! mon cher Henri ! (oe loin à Waipoie, en s'en allant.) Adieu ! milord ! . . .
HENRI, Je même et gaiement.
Adieu, mon oncle. *
(il sortent tous deux.)