SCÈNE VI
MARGUERITE, NEUROROUG, Gi:ORGE, HENRI, WALPOLE.
(JEORGE, qui est entré en rêvant, descend lentement le théâtre; il aperçoit Neuboroug qu'il salue affectueusement.
l'ardon, mon cher Neuboroug, de vous avoir quitté tout à l'heure aussi brusquement. Croyez qu'en tout temps notre royale protection saura reconnaître votre zèle, vos conseils, et malgré nos inutiles tentatives auprès de votre ami!...
WALPOLE, s'uvançnnt.
Mais, sire...
GEORGE
Il suffit, Walpole! je n'insiste plus, et mon choix est dé-
<"idèment arrêté. (Après un instant de silence et se tournant vers
Hfnri.) Lord Henri ! j"ai ou des torts envers vous !
HENRI, s'indinant.
Ah! sire !...
GEORGE, avec intention.
Envers d'autres encore!... je veux lâcher de les réparer. Le comte de Sunderland quitte aujourd'hui l'Angleterre, il
COMKDIK s — DUAMKS
part avec toute sa famille ])Our nos ftlats de Hanovre dont jil'ai nommé gouverneur général...
Je reconnais là mon roi !
GEORGE
Quant à vous, milord, nous avons lu le rapport que vous nous avez fait sur la situation actuelle du royaume et sur la guerre avec l'Espagne. Convaincu désormais de vos talents, comme nous l'étions déjà de votre loyauté et de votre franchise, nous voulons récompenser en votre personne les longs et glorieux services de votre oncle, et puisqu'il persiste à quitter le pouvoir, puisqu'à notre grand et légitime regret, rien ne peut le retenir à la cour, c'est vous qu'à sa place nous nommons premier ministre.
(Walpole fait un geste de colère qu'il réprimo aussitôt, i NEUBOROUG.
0 ciel!...
HEXRI, jetant un coup d'oeil sur son oncle et «'adressant au roi.
Je supplie Votre Majesté de ne pas m'en vouloir... bien décidément, sire, je refuse.
WALPOLE, Tivement.
Est-il possible !...
HENRI, lui prenant la main, et à roix basse.
Oui, mon oncle, i)0ur que vous m'aimiez toujours, (s'adressant au roi.} Je refusc , sire, dans votre intérêt, car, grâce au ciel, pour remplir cette place je puis vous offrir mieux que moi !
GEORGE
Que dites-vous?...
HENRI
J'ai depuis ce matin tant prié, tant supplié mon oncle, qu'il veut bien encore s'immoler au salut de l'État; il renonce au repos qu'il désirait, il retire sa démission, et consent à rester aux affaires.
L AMBITIEUX
GEORGE
Il serait vrai!... et c'est à vos instances que je dois un pareil sacrifice!!... (Passant près de Waipoie.) Mon cher Walpole, je n'oublierai jamais une telle preuve d'amitié et de dcvouemenl !
WALPOLE
Votre Majesté l'exige!... il faut donc reprendre celte chaîne que j'espérais et que je ne peux briser.
NEUBOROUG, qui a passé près de lui.
Mais, mon cher ami, tu n'y penses pas... je te jure qu'avant un an lu en mourras !
WALPOLE
C'est possible!... (a part.) Mais je mourrai ministre!!!...
LA
ou