‹ Comédies du 17è siècle. Avec une introd., des notices et des notesChapitre 128 sur 208 · D. ALPHONSE, ELVIRE, D. ALVARE · texte numérisé non relu

D. ALPHONSE, ELVIRE, D. ALVARE

FOUGARAL, RODRIGUE.

D. JAPHET, armé de toutes pièces, une lance à lu main.

Où se cachera-t-il, ce Gommandeur maudit,

Qui dans un même jour a son dit et dédit?...

Ah! te voilà, vieux fou ! sans honneur, sans parole.

Maître de valets fous, oncle de nièce folle!

Et tu ris, grand vilain! et tu m'as maltraité!

Et tes valets ont pris la inrme libellé!

Gependant qu'au péril de cent mille cornades.

Je combats des taureaux à grands coups de lançades.

Tu me ravis ta nièce, ignorant affronteur,

En faveur d'un valet qui n'est qu'un imposteur !

Elle aurait succédé, dans ma couche honorable,

A ma chère Azatèque, une reine adorable;

COMÉDIES DU XVir SIÈCLE 247

Et, traître 1 tu la fais femme d'un écrivain,

D'un grand faquin qui vit du travail de sa main !

Dis, fourbe le plus grand qui soit dans la Gastille,

Est-ce pour tes beaux yeux qu'on s'expose en soudrille?

Ne comptes-tu pour rien d'être venu d'Orgas?

Et suis-je un homme àperdre et mon temps et mes pas?

Si je n'étais chrétien... (Mais le christianisme

Me défend d'entreprendre un sanglant cataclysme)

Si je n'étais chrétien, Commandeur effronté.

Je t'aurais dépaulé, décuissé, détêté.

Si je n'avais eu peur de m'accabler moi-même,

J'aurais fait le Samson dans ma fureur extrême;

J'aurais mis ton château tout sens dessus dessous,

Ton renifleur et toi, ta nièce et son époux.

Si tu m'avais tenu la parole promise.

Je lui donnais mon bien, je la faisais marquise;

Moi, parent de César, moi, marquis, moi Japhet,

J'allais faire l'esclave, et j'aurais fort mal fait...

Mais que je sache encor pourquoi d'un secrétaire

Cette jeune indiscrète est l'injuste salaire.

Est-ce pour les profits du secrétariat,

Qui ne lui vaudra pas par an demi-ducat?

D. ALPHONSE

Monseigneur don Japhet!...

D. JAPHET

Vitement, qu'on me l'ôte, Ce perfide valet.

D. ALPHONSE

Je confesse ma faute; Mais lorsque vous saurez que j'étais cavalier, Que l'amour m'a fait prendre un liabit d'écolier; Et que j'étais aimé de ma belle maîtresse. Vous ne me croirez plus d'àme doublQ et traîtresse, Pt vous pardonnerez,..

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