‹ Comédies du 17è siècle. Avec une introd., des notices et des notesChapitre 157 sur 208 · GORBINELI, GRANGER LE JEUNE · texte numérisé non relu

GORBINELI, GRANGER LE JEUNE

GORBINELI.

J'allais vous chercher. Vous ne savez pas ? On vient de condamner votre raison à la mort. En voulez-vous appeler? J'ai moi-même reçu les ordres devons enivrer, mais si j'en suis cru, vous blesserez votre ennemi de sa propre épée. Il prétend, le pauvre homme, faire tantôt les noces de votre sœur avec monsieur de la Tremblaye, et le contrat des siennes avec mademoiselle Genevote; craignant donc que votre présence n'apportât beaucoup d'obstacles à la perfection de ses desseins, il m'a donné charge de vous soûler au cabaret ; et je trouve, moi, que c'est un acheminement le meilleur du monde pour l'exécution de ce que je vous ai tantôt mandé par celui que je vous ai envoyé.

GRANGER LE JEUNE

Quoi, pour contrefaire le mort?

GORBINELI.

Oui ; car je lui persuaderai que dans l'écume du vin

vous avez pris querelle, et que (ll lui parle bas à l'oreille.)

Mais vite, allez promptement étudier vos postures ; nous amuserons cependant, Paquier et moi, votre père, pour donner du temps à votre feinte ivrognerie. Venez ici même représenter votre personnage, et nous lui fti. rons accroire qu'en suite de votre querelle

Page 1