‹ Comédies du 17è siècle. Avec une introd., des notices et des notesChapitre 182 sur 208 · GRÉ MANTE · texte numérisé non relu

GRÉ MANTE

Pour elle je soupire.

ISMÈNE

Vous, monsieur !

GRÉMANTE.

Pourquoi non? qu'y trouvez-vous à dire?

TSMÈNE.

Hé, rien! mais vous pourriez peut-être choisir mieux. Elle est si jeune encor !

GRÉMANTE.

Me trouvez-vous si vieux ?

ISMÈNE

P ):nt du tout; mais j'ai peur, quelquesoin que jeprenne, (jue ma fille, en ce choix, m'obéisse avec peine.

GRÉMANTE.

A. ne vous rien celer, j'ai peur, s'il est ainsi, Qu'à m'obéir mon fils n'ait de la peine aussi.

ISMÈNE

Sur ma fille, après tout, j'ai pourtant trop d'empire, Pour craindre absolument qu'elle m'ose dédire : Elle me fut toujours soumise au dernier point.

GRÉMANTE.

Mon fils, je pense aussi, ne me dédira point.

Je ne crains qu'un retour de cette intelligence

Que l'amour mit entre eux dès leur plus tendre enfance;

Et je doute qu'on puisse aisément parvenir

A diviser deux cœurs qui sont nés pour s'unir.

ISMÈNE

Ainsi que vous, monsieur, c'est ce qui m'inquiète : Mais j'ai grande espérance aux ruses de Laurette.

LAURETTE

Je sais l'art de fourber assez bien, Dieu merci; Mais dans le cabinet vous seriez mieux qu'ici.

Elle a raison; aucun n'y viendra nous distraire : Allons-y consulter ce que nous devons faire.

COMÉDIES DU XVir SIÈCLE 389

Et voir par quels moyens nous pourrons, sans retour, Séparer deux amants en dépit de l'amour.

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