SCÈNE II ACANTE, CHAMPAGNE, LE MARQUIS
A G AN TE, enipêcliant Champagne d'avancer.
Laisse-nous, je le voi.
Au marquis, en lui ôtant son manteau.
Non, non; ne croyez pas m'échapper de la sorte.
LE MARQUIS
C'est moi, cousin, permets de grâce que je sorte. Pour n'être point connu, j'ai certain intérêt...
AGANTE.
Écoutez quatre mots; vous sortirez après.
LE MARQUIS
Je vois bien que tu veux me parler de ton père; Mon soin est inutile; il est toujours sévère. J'ai prié de mon mieux en vain en ta faveur : Je ne sais ce qui peut endurcir tant son cœur; Je n'ai pu l'émouvoir; il n'est rien qui le touche.
AGANTE.
Mais le cœur d'Isabelle est-il aussi farouche?
LE MARQUIS
Gomment?
AGANTE.
Vous l'ignorez ?
Qu'entends-tu donc par là?
AGANTE.
Vos nouvelles amours.
LE MARQUIS
Cousin, laissons cela :
Là-dessus, en ami, tout ce que je puis faire De mieux pour ton repos, crois-moi, c'est de me taire.
AGANTE.
Ne me déguisez rien; j'ai tout appris d'ailleurs.
LE MARQUIS
N'importe; je craindrais d'irriter tes douleurs :
COMÉDIES DU XVir SIÈCLE 423
Je vois trop quel chagrin eu secret te dévore. Adieu; dispense-moi de t'affliger encore.