I-es autres hors d'espoir, tristes et misérables
Feraient tout retentir de cris épouvantables :
Les uns se noyeraient aux plus prochaines eaux;
D'autres iraient chercher le secours des cordeaux :
Les uns se lanceraient du haut des précipices;
Je verrais devant moi les sanglants sacrifices
Des autres dont la main finirait le malheur:
Et le reste mourrait de sa propre douleur.
Mon âme serait bien en cruauté féconde,
D'exterminer pour un, tout le reste du monde.
ALCIDON
Bons dieux ! quelle folie !
HESPÉRIE
Ah I pour l'iieur d'un amant Voudriez-vous que le reste entrât au monument?
Non, je n'en ferai rien, je n'ai pas ce courage : Je me veux pour jamais priver du mariage.
Est-ce ainsi que l'on suit mon vouloir absolu?
LYSANDRE
Vous voyez, Alcidon, ce qu'elle a résolu. Nous ne lui ferons pas changer de fantaisie.
ALGIDON.
Ma douleur, qui s'accroît, rend mon âme saisie. Dieux 1 que pourrai-je dire à tous ces amoureux?
HESPÉRIE
Que plutôt que mourir ils vivent malheureux.
ALGIDON.
Toujours dans son erreur cette folle s'engage. Mais voici Sestiane, elle sera plus sage.