SCÈNE IV LYSANDUE, HESPÉRIE, ALCIDON, MÉLISSE
LYSANDRE
Hé bien, belle Hespérie, Alcidon ce bon père
Vous marie aujourd'hui ; c'est de vous qu'il espère
Un cœur obéissant : vous aurez à choisir.
HESPÉRIE
Hélas ! je le sais bien, c'est tout mon déplaisir : De vrai je puis choisir entre prés de cent mille: Mais funeste richesse ! abondance inutile ! Si j'en vais choisir un, quel barbare dessein? Je mets à tout le reste un poignard dans le sein.
ALCIDON
Vous croyez un peu trop que chacun vous adore.
HESPÉRIE
Ah ! quel aveuglement! en doutez-vous encore ?
Voulez-vous publier que je vais faire un choix,
Pour voir combien d'amants vivent dessous mes lois?
Ah ! mon père, l'épreuve en serait trop cruelle.
Voudriez-vous à ce point me rendre criminelle ?
Soudain que l'on verrait l'heureux choix de mes yeux,
Ce glorieux amant, ce favori des cieux,