‹ Comédies du 17è siècle. Avec une introd., des notices et des notesChapitre 84 sur 208 · D. ALPHONSE. LÉONORE, MARINE, MARC- ANÏOINE · texte numérisé non relu

D. ALPHONSE. LÉONORE, MARINE, MARC- ANÏOINE

D. ALPHONSE

Léonore, il est temps que j'apprenne mon sort,

1. On pense que la Marinettc du Dépit Amoureux a été inspirée à Molière par la Marine de Scarron.

Et que vous me donniez ou la vie ou la mort.

Je vous ai déclaré que pour vous je soupire;

Vous ne me dites rien, quand j'ose vous le dire.

Ce silence à mon feu ne promet rien de bon,

Et quand vous m'aimeriez, je puis croire que non.

Je sais que la beauté, quand elle est peu commune,

Peut soumettre à ses pieds la plus haute fortune;

Et quand bien je serais riche et de qualité,

Que mon amour serait une témérité.

Je ne vous dis donc point que le bien de mon père

Me pourrait élever au bonheur que j'espère :

Si par là seulement on vous peut espérer,

Les grands rois seulement peuvent vous adorer.

Mon amour veut tenir le vôtre de soi-même:

Je crois vous dire assez, disant que je vous aime;

Et, par le simple aveu de mon affection,

Que je mérite assez votre compassion.

Donnez-moi donc la mort, ou bien de l'espérance *.

LÉONORE

Consultez là-dessus votre persévérance :

C'est de là seulement, je le dis tout de bon, Que vous pourrez savoir si je vous aime ou non. Mais le temps seulement me la fera connaître.

D. ALPPIONSE.

Je puis donc espérer ?

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