‹ Comédies du 17è siècle. Avec une introd., des notices et des notesChapitre 83 sur 208 · C'est-à-dire : qui n'inspirent du dégoût · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : qui n'inspirent du dégoût

MARINE

Et s'il VOUS proposait avec sincérité D'être votre mari, feriez-vous l'insensible ?

LÉONORE

Ah ! ne me parle point d'une chose impossible.

MARINE

Pourquoi non? s'il vous aime, il faut tout espérer D'un homme qui pour vous s'amuse à soupirer, Plutôt que de s'aller marier à Séville, Où l'attend, dites-vous, je ne sais quelle fille. Mais vous vous y prenez de mauvaise façon : Il est tout feu pour vous, et vous êtes glaçon. Cependant vous l'aimez : voyez quelle faiblesse I Par ma foi! si j'étais de quelqu'un la maîtresse, Et que ce quelqu'un-là me plût autant qu'à vous Ce galant déguisé qui vous fait les yeux doux, Sans me donner la gène en sotte villageoise, S'il me disait : Je t'aime, et moi, vous, lui dirois-je; Car, quand on aime bien, pourquoi dire que non? Vous brûlez toute vive ; et, de grâce ! à quoi bon Cette rigueur forcée? Aimez-le, s'il vous aime: Je le dis tout de bon, je le ferais de même. Montrez-lui de l'amour pour augmenter le sien. Promettez-lui beaucoup, ne lui permettez rien; Si son amour le presse, il faudra bien qu'il chante; Ou son amour pour vous sera peu véhémente. S'il aime jusqu'au point de vouloir épouser, Qu'il le fasse aussitôt, car ce n'est que ruser D'épouser en papier, ou donner sa parole i.

LÉONORE

Que je suis malheureuse, et que Marine est folle!

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