‹ Comédies du XVIIe siècle ...: avec une introductionChapitre 108 sur 207 · D. ALPHONSE, MARC-ANTOINE · texte numérisé non relu

D. ALPHONSE, MARC-ANTOINE

D. ALPHONSE

Que cette nuit est propre à me bien affliger !

MARC-ANTOINE

Je ne vois pas encor votre amour en danger.

D. ALPHONSE

Il n'y fut donc jamais ?

MARC-ANTOINE

Votre mère, peut-être...

D. ALPHONSE

Ma mère avec son fils a toujours fait le maître ; Mais est-elle arrivée ?

MARC-ANTOINE

Et votre sœur aussi.

D. ALPHONSE

Hélas ! que mon beau temps s'est bientôt obscurci ! Es-tu bien assuré que c'est elle ?

MARC-ANTOINE

Elle-même.

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COMÉDIES DU XVII e SIÈCLE 219

D. ALPHONSE

Et que ferai-je donc en ce malheur extrême ?

MARC-ANTOINE

Vous pourrez espérer.

D. ALPHONSE

Je suis désespéré ; Et la terre et les cieux ont mon trépas jurer.

MARC-ANTOINE

Pour moi, j'éprouverais la bonté de ma mère.

D. ALPHONSE

N'ayant pas épousé la fille de son frère, Elle m'ayant prié de le faire instamment, Et moi l'ayant promis si solennellement, Alors qu'elle verra que j'ai fait le contraire, Que pourrai-je lui dire ? et qu'aura-t-elle à faire ? Me voudra-t-elle ouïr ? Tu connais son humeur, Et de son esprit fier la sévère rigueur.

Je n'y vois nul remède : il faut que je m'absente Car irais-je ajouter au mal qui la tourmente La rage de me voir en ces lieux déguisé, Au lieu d'être à Séville, à sa nièce épousé?

Mais quitterais-je aussi la belle Léonore, Un ange à qui je plais, un ange que j'adore, Qui m'a donné son cœur en échange du mien ?

Hélas ! j'ai tout à craindre, et je n'espère rien.

MARC-ANTOINE

Pour moi, je lui dirais ingénument la chose.

D. ALPHONSE

J'y suis tout résolu : tantôt, pourvu qu'elle ose Paraître en son balcon, comme elle m'a promis, Elle saura l'état où le malheur m'a mis.

MARC-ANTOINE

Voici venir quelqu'un.

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