SCÈNE II D # ALPHONSE, MARINE, MARC-ANTOINE
MARINE, sortant de chez le Commandeur, à part, avec une bougie.
A telle heure, une fille
220 COMÉDIES DU XVII e SIÈCLE
Chercher un écolier ! l'ambassade est gentille I Il faudrait pour le moins savoir Part de Maugis* Pour trouver ce qu'on cherche en un si grand logis.
D. ALPHONSE
Qui va là ?
MARINE
Haye ! c'est moi.
D. ALPHONSE
Qui, vous ?
MARINE
C'est moi qui tremble.
MARC-ANTOINE
Ou je me trompe, ou c'est Marine.
MARINE
Il me le semble.
D. ALPHONSE
Marine, que viens-tu si tard chercher ici ?
MARINE
Je vous y viens chercher.
D. ALPHONSE
Je t'y cherchais aussi.
MARINE
Je viens vous annoncer un sujet de tristesse :
Léonore ne peut accomplir sa promesse.
Japhet à sa fenêtre en conversation
Doit passer cette nuit par assignation;
De l'ordre de son oncle on ne s'est pu défendre.
Voilà ce que je viens de sa part vous apprendre.
D. ALPHONSE
Il ne me restait plus qu'un fou me vînt priver Du bonheur le plus grand qui pouvait m'arriver. Quoi ! les plaisirs d'un fou me coûteront des larmes ? , Et j'en perds l'entretien d'un objet plein de charmes ! Et que veut-elle faire avec ce maître fou ?
MARINE
Son oncle le voulant, je ne vois pas par où Elle peut s'exempter des choses qu'il désire.
D. ALPHONSE
Un accident fâcheux, que je lui voulais dire, i. Enchanteur, dans Roland furieux.
COMÉDIES DU XVII e SIÈCLE 221
Se pouvait éviter sans ce prince des fous.
Je veux ici l'attendre et le rouer de coups, Pour avoir ma raison du mal qu'il me procure : L'exploit m'en est facile en une nuit obscure. Retire-toi, Marine; ou bien demeure ici, Pour voir transir de peur un fou d'amour transi.
MARINE, en s'en allant.
Léonore m'attend. Foin 1 ma bougie est morte ; Je pourrais bien heurter mon nez à quelque porte. Pe3te soit de l'amour !
Elle rentre.