‹ Comédies du XVIIe siècle ...: avec une introductionChapitre 135 sur 207 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

GRANGEH, seul.

Donc se jongant de nos Lares ce vorace absorbeur de biens, chaque sol de rente que je voulais avoir deviendra parisis ? et le marteau de la jalousie ne sonnera plus les longues heures du désespoir dans le clocher de mon âme ? D'un autre côté, me puis-je résoudre au mariage, moi que les livres ont instruit des accidents qu'il tire à sa cor délie? Que je me marie ou ne me marie pas, je suis assuré de me repentir. N'importe, ma femme prétendue n'est pas grande ; ayant à vêtir une ère, je ne la puis prendre trop courte. On dit cependant qu'elle veut plastronner sa virginité contre les estocades de mes perfections. Hé 1 à d'autres, un pucelage est plus difficile à porter qu'une cuirasse. Toutes les femmes ne sont-elles pas semblables aux arbres, pourquoi donc ne voudraient-elles pas être arrosées ? At primo, comme les arbres elles ont plusieurs têtes ; comme les arbres, si elles sont ou trop, ou trop peu humectées, elles ne portent point; comme les arbres, elles ont les fleurs auparavant les fruits; comme les arbres, elles déchargent quand on les secoue ; enfin, Jean Despotère le confirme quand il dit Arboris est nomen muliebre. Mais je crois que Paquier a bu de l'eau du fleuve Lethé, ou que mon fils s'appproche à pas d'écrevisse ; je m'en vais obviam droit à lui.

COMÉDIES DU XVII e SIÈCLE 269

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