‹ Comédies du XVIIe siècle ...: avec une introductionChapitre 134 sur 207 · SCÈNE II GRANGER, PAQUIER · texte numérisé non relu

SCÈNE II GRANGER, PAQUIER

GRANGER

Hé bien, Petre, ne voilà pas une digue- que je viens d'opposer aux terreurs que je me donne tous les jours,

COMÉDIES DU XVII e SIÈCLE 207

M. de la Tremblaye ? Car la Tremblaye, à cause de Chasteaufort,Chasteaufort,à cause de la Tremblaye, désisteront delapoursuitede mafille. Ce sont deux poltrons si éprouvés, que s'ils se battent jamais, ils se demanderont tous deux la vie. Me voici cependant embarqué sur une mer où la moitié du monde a fait naufrage. C'est l'amour chez moi, l'amour dehors, l'amour partout. Je n'ai qu'une fille à marier, et j'ai trois gendres prétendus. L'un se dit brave, je sais le contraire ; l'autre riche, mais je ne sais; l'autre gentilhomme, mais il mange beaucoup. Oh I nature, vous croiriez vous être mise en frais, si vous aviez fagoté tant seulement trois belles qualités en un individu. Ah 1 Pierre Paquier, le monde s'en va renversé.

PAQUIER.

Tant mieux ; car autrefois j'entendais dire la même chose, que tout était renversé. Or, si Ton renverse aujourd'hui ce qui était renversé, c'est le remettre en son sens.

GRANGER

Mais ce n'est pas encore là ma plus grande plaie ; j'aime et mon fils est mon rival. Depuis le jour que cette furieuse pensée a pris gîte au ventricule de mon cerveau, je ne mange pour toute viande, qu'un pœnitet, tandet, miseret. Ah, c'en est fait, je me vais pendre.

PAQUIER.

La, la, espérez en Dieu, il vous assistera. Il assiste bien les Allemands qui ne sont pas de ce pays-ci.

GRANGER

Si je l'envoyais à Venise? haud dubiê c'est le meilleur. C'est le meilleur ? ! oui sans doute Bien donc dès demain je le mettrai sur mer.

PAQUIER.

Au moins ne le laissez pas embarquer sans attacher sur lui de l'anis à la reine, car les médecins en ordonnent contre les vents.

GRANGER

Va-t-en dire à Chariot Grangeiy qu'il avole subite-

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ment ici. S'il veut savoir qui le demande, dis-lui que c'est mol.

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