‹ Comédies du XVIIe siècle ...: avec une introductionChapitre 15 sur 207 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

SESTIANE, MÉLISSE, HESPÉRIE.

SESTIANE.

Quels sont vos différends ? les pourrait-on savoir?

MÉLISSE

Vous saurez que Phalante était venu me voir, Il m'a parlé d'amour, et ma sœur trop crédule Dit que c'était pour elle, et que je dissimule.

HESPÉRIE

Que vous sert de parler contre la vérité, Et de chercher pour lui cette subtilité?

MÉLISSE

Vous aimez votre erreur quelque chose qu'on die.

SESTIANE.

Vraiment c'est un sujet pour une comédie :

Et si l'on le donnait aux esprits d'à présent, Je pense que l'intrigue en serait bien plaisant. Souvent ces beaux esprits ont faute de matière.

MÉLISSE

Mais pourrait-il fournir pour une pièce entière?

SESTIANE.

Il ne faudrait qu'y coudre un morceau de roman, Ou trouver dans l'histoire un bel événement, Pour rendre de tout point cette pièce remplie, Afin qu'elle eût l'honneur de paraître accomplie.

MÉLISSE

Qui voudrait anoblir le théâtre françois, Et former une pièce avec toutes ses lois, Divine, magnifique, il faudrait entreprendre D'assembler en un jour tous les faits d'Alexandre.

8ESTIANE.

Vous verriez cent combats avec trop peu d'amour. Je me moque pour moi de la règle d'un jour.

HESPÉRIE

On ferait de ma vie une pièce admirable, S'il faut beaucoup d'amour pour la rendre agréable, Car vous autres, jugez, qui savez les romans, Si la belle Angélique eut jamais tant d'amants.

SESTIANE.

Voici ce bel esprit dont la veine est hardie, Nous pourrons avec lui parler de comédie.

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