‹ Comédies du XVIIe siècle ...: avec une introductionChapitre 19 sur 207 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ÀMIDOR, ALCIDON.

AMIDOR.

11 faut faire l'amant de l'une de ces belles.

ALCIDON

Est-ce que vous avez quelque dessein pour elles?

AMIDOR.

Ce mont si merveilleux en Sicile placé,

Sous qui gémit le corps d'Encelade oppressé,

Vomissant des brasiers de sa brûlante gorge,

Ce tombeau d'Empédocle, où Vulcain fait sa forge,

Où Bronte le nerveux, cet enfumé démon,

Travaille avec Sterope, et le nud Pyracmon,

Dans son ventre ensouffré n'eu tjamais tant de flamme,

Qu'une de ces beautés en versa dans mon âme.

ALCIDON

Que cet bomme est savant dedans l'antiquité !

Il sait mêler la fable avec la vérité :

Il connaît les secrets de la philosophie;

Et même est entendu dans la cosmographie.

Vous êtes amoureux? et qu'est-ce que l'amour?

AMIDOR.

C'est ce Dieu génitif, par qui l'on voit le jour, <; Qui perça l'embarras de la masse première, , Débrouilla le chaos, fit sortir la lumière, \

Ordonna le manoir à chacun élément, Aux globes azurins donna le mouvement, Remplit les végétaux de semence féconde ; Et par les embryons éternisa le monde.

ALCIDON

Son esprit me ravit, son savoir me confond.

dieux l qu'il est subtil et solide, et profond f Je ne vois rien si beau qu'un savoir admirable, G'est un riche trésor à tous biens préférable. C'est un flambeau divin que l'on doit respecter. Allez, je vous estime, et vous veux contenter ; Venez ici ce soir, je vous donne ma fille.

COMÉDIES DU XVII e SIÈCLE 35

Vous ferez quelque jour l'honneur de ma famille.

ÀMIDOH.

Adieu, grand producteur de trois rares beautés. Le ciel donne à vos jours mille félicités.

Clothon d'or et de soie en compose la trame, Et la fière Atropos de longtemps ne l'entame.

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