‹ Comédies du XVIIe siècle ...: avec une introductionChapitre 191 sur 207 · LE MARQUIS, LAURETTE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, LAURETTE

LAURETTE

Vous riez.

[le marquis.

Là-dedans on vient de me tout dire; Je ris de ton adresse, et du tour du billet.

LAURETTE

Chacun n'en a pas ri.

LE MARQUIS

Morbleu, que c'est bien fait!

Surtout, pour mon cousin ma joie en est extrême.

LAURETTE

Isabelle est encor si faible, qu'elle l'aime. Mais j'ai, tout de nouveau, si bien su l'éblouir, Que cet excès d'amour ne sert qu'à la trahir. Au lieu qu'à son déçu j'ai cru vous introduire; Elle y consent.

' LE MARQUIS

Comment?

LAURETTE

Je vais vous en instruire ; J'ai voulu la revoir pour sonder son courroux : J'ai feint que vous aviez querelle Acante et vous; Que vous deviez vous battre, et dès ce soir peut-être; Que ce combat pourrait la venger de son traître; Qu'elle en devait attendre ou sa fuite ou sa mort. Je l'ai vue, à ces mots, interdite d'abord ;

Son âme, où la tendresse est soudain revenue, De son nouveau dépit ne s'est plus souvenue; Et quoi que la vengeance ait pu lui conseiller, L'amour, qui semblait mort, n*a fait que s'éveiller. La voyant, à ce point, de ce combat émue, J'ai voulu profiter du trouble où je l'ai vue; J'ai ménagé sa peur.

LE MARQUIS

Fort bien : mais après tout, A quoi bon ce combat ?

LAURETTB.

Écoutez jusqu'au bout.

J'ai dit qu'un sûr moyen d'accorder la querelle, Ce serait d'essayer de vous mener chez elle, Afin qu'elle vous pût amuser quelque temps, Pour me donner loisir d'avertir vos parents.

Dans le panneau d'abord elle a donné sans peine ; Ainsi, de son aveu chez elle je vous mène.

De savoir nos desseins ne faites point semblant.

LE MARQUIS

Non, non ; tu m'introduis à titre de galant : C'est un pur rendez-vous qu'Isabelle me donne, Et j'aurais bien regret d'en détromper personne.

LAURETTE

C'est à votre cousin, surtout qu'il faut songer.

ITE MARQUIS

Que j'aurai de plaisir à le faire enrager !

LAURETTE

Mais...

Mon page est longtemps.

•LAURETTE

Pour l'aigrir davantage..»

LE MARQUIS

Mon page. . .

LAURETTE

Hé ! je sais bien que vous avez un page.

LE MARQUTS.

Le voici; ce fripon s'arrête à chaque pas.

408 COMÉDIES DU XVII e SIÈCLE

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