II. ment par la cervelle I
lt* : COMÉDIES-DÛ XVII e SIÈCLE
ERGASTB.
Quoiqu'il n'ait pas raison, car je sais bien qu'il ment * L'accès qu'il a chez vous le fait croire aisément. *
ANSELME
Mais comment l'en bannir ? Ma parole me lie, Joint qu'il s'offre sans dot d'épouser Aurélie.
Épargnez sa vertu bien plutôt que sa dot :
Car toute femme, enfin, n'en peut faire qu'un sot,
Et tout père puissant qui x pour voit mal sa fille :
Rend pour le moins suspect l'honneur de sa famille;
Mais Eraste qui l'aime, et sans comparaison
Plus sortable de biens et d'âge et de maison,
Pressé d'un feu secret, incessamment aspire,
Sans l'oser déclarer, au joug de son empire,
Vous fera la même offre et la prendra sans dot;
Il s'enhardit -hier de m'en toucher un mot. *
Oui, fils d'Orcas, grand ami de Lélie. ^
ANSELME. ' - r
Il témoigne sans dot vouloir bien d' Aurélie !
Non seulement sans dot, mais sans habits encor,
Et la croit toute nue un si riche trésor,
Que... ' :
ANSELME. •
Fais-le moi parler^ et concluons l'affaire ; Pour l'autre* il peut ailleurs se pourvoir d'un beau-père : J'ai du respect pour lui comme il en a pour moi; En me calomniant, il dégage ma foi, \ :
Et, recherchant ma fille, il m'a dû mieux connaître. -- •*
Vous vous engendriez mal : c'est un fou. I
ANSELME
Un fourbe.
ANSELME
Un archi-foùrbe .
C'est ùh traître;
COMÉDIES DU Xyil # SIÈCLE 115
Un calomniateur.
ANSELME
Un médisant.
• Un lâche.
ANSELME
Un gueux.
Un imposteur.
ANSELME
XJn infâme.
ERGASTÉ.
Un faquin.
ANSELME
Un reste de galère.
Mais insensiblement tu m'as mis en colère, Et si dans cette humeur je Pavais rencontré, Je serais homme encore à le voir sur le pré.
L'âge vous en dispense, et lui n'est pas si traître, Si peut-être il n'y va pour faucher ou pour paître.
ANSELME
Fais-moi venir Êraste; adieu.
Il sort.
ERGASTE, seul.
Quel doux ébat !
O la bonne balourde, et le plaisant soldat !