D. ALPHONSE, LÉONORE, MARC-ANTOINE, RODRIGUE, JEAN VINCENT, MARINE
D. ALPHONSE
Madame, don Japhet, mon seigneur et mon maître Vous mande que demain vous le verrez paraître Auprès du Commandeur. Je voudrais bien savoir Ce qu'il peut espérer de l'honneur de vous voir; Avec juste raison pour lui je m'intéresse, Souhaitant plus que lui de vous voir ma maîtresse; Mais avec la fortune un esprit peut changer.
LÉONORE
La chose vaut assez la peine d'y songer.
Dites-lui cependant qu'il aime et qu'il espère; Qu'il peut se montrer tel qu'il plairait à mon père; Et s'il daigna m'aimer tout pauvre que j'étois, Qu'un pareil sentiment peut lui donner mon choix, Pourvu qu'il soit constant et qu'il soit véritable.
D. ALPHONSE
Madame, il sera tout, si votre œil favorable. Par le moindre regard nous permet d'espérer : Oui, madame, on peut être en état d'aspirer A quelque haut degré que le ciel vous envoie, Pourvu qu'un peu d'espoir ressuscite ma joie.
LÉONORE
Adieu, nous nous verrons avec le grand Japhet.
Alphonse et Marc-Antoine se retirent an fond du théâtre.
RODRIGUE
Cet homme pour un fou paraît assez bien fait; Mais son galimatias donne assez à connaître Qu'il a l'esprit malade aussi bien que son maître.
LÉONORE
Il parle quelquefois intelligiblement.
JEAN VINCENT
Vous n'avez que le temps qu'il vous faut justement ; Allez tout de ce pas vous jeter en carosse.
Rodrigo», Léonore, Marine et Jean Vincent s'en vont.
198 COMÉDIES DU XVII e SIÈCLE