SCÈNE XII
LE PODESTAT, CYNTHIE, puis JACOMO.
LE PODESTAT, fort agité.
Cernés et prisonniers!...
CYNTHIE
Calmez donc vos esprits.
LE PODESTAT
Que dira le Légat?
CYNTHIE
Pour quelques bourgeois pris, Des brouillons; grand malheur !... Que seulement la ville Tienne bon, — et soyez de ce côté tranquille.
JACOMO, paraissant au fond.
Ah ! c'est par trop pousser les choses à l'excès.
{Mouvement de Cijnthie.)
Ne vous alarmez point, vous touchez au succès.
~ Và9. —
CYNTHIE
De prison il a fui.
LE PODESTAT
Double traître, Oses-tu bien encore à mes yeux reparaître?...
JACOMO
Celui qu'il faut nommer traître, dans un moment Vous le saurez.
[A Cynthie.)
Ma foi, c'est bien joué.
LE PODESTAT
Comment?
JACOMO
L'ennemi dans la ville à cette heure pénètre; A peine il s'est montré qu'on l'en proclame maître ; Les habitants, réduits des meilleurs citoyens. Paraissent des captifs dont tombent les liens; Vos féaux lansquenets, retournant leur cocarde, A la troupe ennemie ont servi d'avant-garde;
Ces fiers remparts, pour Rome impuissants aujourd'hui,
Contre Rome, demain, seront un bon appui ;
De toutes parts le voile à la fois se déchire;
Tout devait vous aider, — contre vous tout conspire.
(Bruit.)
On vient de ce côté.
{A Cyiithie qui fan un mouvement vers la porte.)
Restez. C'est bien le moins De l'accueil du vainqueur que nous soyons témoins.