‹ Comédies en prose et en versChapitre 51 sur 67 · LES PRÉCÉDENTS, VERDBOIS, BENOIT · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENTS, VERDBOIS, BENOIT

(Verdbois et Benoit au fond de la scène.) BENOIT, il Verdbois.

Nous arrivons, je vois, dans un mauvais moment.

VERDBOIS, à Benoit.

Oui, vraiment, nous troublons un entrelien galant.

PAUL, les apercevant.

Monsieur Verdbois.

BENOIT, à Verdbois.

Mieux vaut, je crois, quitter la place.

ANAIS, à Paul.

Vous le connaissez donc?

PAUL, à Anaïs.

Oui.

ANAIS, à part.

Tout mon sang se glace ; Il me faudra subir la honte jusqu'au bout.

VERDBOIS, s'approchant.

Ma chère, le Duc est introuvable partout,

Mais c'est fort sérieux. (Reconnaissant Paul) Monsieur Paul . . . La rencontre

Est faite pour surprendre, h coup sûr, et me montre

Un cœur accommodant.

PAUL, vivement.

Oh, Monsieur...

ANAIS, à Paul.

Par pitié ! . .

VERDBOIS, à Anais.

Je ne vous savais pas cette étroite amitié ; Monsieur en est fort digne.

PAUL

Assez, je vous conjure, Et ne m'obligez pas à redresser l'injure. J'ai renoncé, Monsieur, à mon emploi chez vous, Et je ne connais plus de distance entre nous.

(A Anais.) Madame, adieu, je pars, et pour un long voyage ; Au Havre pour New-York j'ai retenu passage; De là je vais poursuivre où le voudra le sort.

ANAIS.

Vous reviendrez?

PAUL

Cela dépend de Dieu d'abord.

Puis de votre parole.

BENOIT, à Verdbois.

Il a l'air grave et triste.

Toi qui le soupçonnais ; mais c'est un moraliste.

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