LES PRÉCÉDENTS, VERDBOIS, BENOIT
(Verdbois et Benoit au fond de la scène.) BENOIT, il Verdbois.
Nous arrivons, je vois, dans un mauvais moment.
VERDBOIS, à Benoit.
Oui, vraiment, nous troublons un entrelien galant.
PAUL, les apercevant.
Monsieur Verdbois.
BENOIT, à Verdbois.
Mieux vaut, je crois, quitter la place.
ANAIS, à Paul.
Vous le connaissez donc?
PAUL, à Anaïs.
Oui.
ANAIS, à part.
Tout mon sang se glace ; Il me faudra subir la honte jusqu'au bout.
VERDBOIS, s'approchant.
Ma chère, le Duc est introuvable partout,
Mais c'est fort sérieux. (Reconnaissant Paul) Monsieur Paul . . . La rencontre
Est faite pour surprendre, h coup sûr, et me montre
Un cœur accommodant.
PAUL, vivement.
Oh, Monsieur...
ANAIS, à Paul.
Par pitié ! . .
VERDBOIS, à Anais.
Je ne vous savais pas cette étroite amitié ; Monsieur en est fort digne.
PAUL
Assez, je vous conjure, Et ne m'obligez pas à redresser l'injure. J'ai renoncé, Monsieur, à mon emploi chez vous, Et je ne connais plus de distance entre nous.
(A Anais.) Madame, adieu, je pars, et pour un long voyage ; Au Havre pour New-York j'ai retenu passage; De là je vais poursuivre où le voudra le sort.
ANAIS.
Vous reviendrez?
PAUL
Cela dépend de Dieu d'abord.
Puis de votre parole.
BENOIT, à Verdbois.
Il a l'air grave et triste.
Toi qui le soupçonnais ; mais c'est un moraliste.