ARTHUR
Deux fois heureux !.. Je suis dans le camp des baissiers,
Et depuis que la baisse a fait celte trouée, La salle est pour un mois entièrement louée.
DEUXIÈME INVITÉ, voyant entrer Maxime.
Maxime Ragondet, l'illustre gazetier,
Qui nous joua si bien dans Y Aigle financier.
QUATRIÈME INVITÉ
Joua, le terme est doux.
DEUXIÈME INVITÉ
C'est un manège indigne.
PREMIER INVITÉ
Nous nous désabonnons.
TROISIÈME INVITÉ
Oui, sur toute la ligne.
VERDBOIS, à Maxime qui l'a pris à part.
Quoi donc?...
MAXIME
Pj'éparez-vous ii recevoir un coup Fâcheux. Le Duc vous doit de l'argent?...
VERDBOIS.
Oui, beaucoup.
MAXIME
Il s'est tué.
VERDBOIS.
Grand Dieu!...
MAXIME
La débâcle est énorme.
Sur votre Banque on croit que la justice informe.
VERDBOIS.
Que m'importe?...
MAXIME
On ne sait où cela peut mener.
Peut-être un certain temps mieux vaut vous éloigner.
VERDBOIS.
Je ne crains rien.
MAXIME, à Anaïs.
Eh bien, ce ténébreux jeune homme, Vous a-t-il dit son nom?
ANAIS.
Châtiment on le nomme.
MAXIME
C'est peu gai.
Ce
nom doit faire fuir
les amours.
ANAIS.
Je
pars.
MAXIME
Bientôt
ANAIS.
Demain.
MAXIME
Pour longtemps
ANAIS.
Pour
toujours
MAXIME
Que deviendra Paris, vous, Madame, partie ?
ANAIS.
Gardez-moi le secret ce soir, je vous en prie.
VERDBOIS, à Benoit.
Tu vois, mon cher Benoit, un homme ruiné ; Contre moi tout ensemble à la fois a tourné.
BENOIT
Ami, viens sous mon toit, dans ma petite ville, Avec les tiens jouir d'un refuge tranquille. La Province a, du moins, encor ce bon côté Au naufragé d'offrir un port bien abrité : Tu laisseras gronder et passer la tempête. Et l'orage fini, sortant de ta retraite, Tu pourras de nouveau tenter le sort changeant, Et retrouver ton astre, obscur en cet instant, A moins que, te sentant las de ce train de vie, Tu n'aimes mieux t'asseoir parmi la galerie, Te contentant de suivre, en amateur expert, La tourbe qui s'agite autour du tapis vert.