GEORGE, ROBERT DURHAM
ROBERT DURHAM, à paît.
Décidément j'arrive à propos.
Il va s'asseoir auprès de George
Me voici ; Vous êtes malheureux, je viens vous voir.
GEORG E
Merci.
Oui, je suis malheureux, allez, et bien coupable ; Ce matin, ignorant la perte qui m'accable, Je vous ai dit... J'en suis bien puni maintenant, Mon père est mort, Monsieur, mort depuis plus d'un an ; J'aurais dû le penser, mais c'était trop horrible... Tout, excepté cela, me paraissait possible ; Que voulez-vous, c'est mal, mais j'aimais mieux encor Accuser son oubli que soupçonner sa mort!
ROBERT DURHAM, à part.
Noble enfant !
GEORGE
Je devrais avoir plus de courage,
N'est-ce pas?... C'est honteux de pleurer à mon âge Un homme, sans se plaindre, à tout doit résister; Non... le sort a des coups qu'on ne peut supporter. Moi, j'étais calme, heureux comme quand on espère, Et je vous attendais pour parler de mon père ; Je \ous aurais conté mes rêves de bonheur; réprouvais le besoin de vous ouvrir mon cœur; Une sorte d'instinct que je ne puis comprendre M'attirait près de vous...
ROBERT D UBH A I
Pourquoi vous en défendre
GEORGE
Il me semblait... J'ai tort de songer à cela ; Qu'est-ce que ça vous l'ail ce que je vous -dis là! Mais enfin vous veniez d'Amérique, et peut -être Vous auriez pu Là-bas, par hasard, le connaître; Me dire : Je l'ai vu; me dire : 11 pense à vous! Alors je vous aurais rendu grâce à genoux; Je vous aurais aimé... Je vous aimais d'avance! Oh ! pourquoi m'avez -VOUS donné cette espérance. Qui l'ait que ma douleur est plus cruelle encor... Laissez-moi, laissez-moi pleurer... Mon père est mort !
Mo»' 1ère.