ACTE II. SCÈNE III 2SI
ROBERT UURHAJI.
Adieu donc!... Je craindrais que ma voix fût suspecte
En combattant des pleurs que j'estime et respecte...
Je venais pour vous voir... Vous l'aviez désiré...
Si vous le désirez encor, je reviendrai;
Je n'abuserai pas de votre patience,
Je ne vous dirai pas même ce que je pense...
GEORGE
Quoi donc!
ROBERT DURHA M .
Avant de croire un malheur aussi grand, On accuse d'erreur celui qui vous l'apprend ; On demande une preuve au-dessus de la vôtre; Et, sans s'y rendre encore, on en attend une autre.
GEORGE
Mais, Monsieur...
ROBERT DIRHAM.
On se trompe aisément d'aussi loin.
Moi-même, en ce moment...
GEORGE
Kh bien!
ROBERT DIRHAM.
J'en suis témoin.
Vous !
ROBERT DUKHA M .
In de mes amis, père d'un fils unique, Pour le faire élever, l'amena d'Amérique; Le mit dans le premier collège de Paris , Et fut, de son côté, travailler pour ce fils... Pendant près de dix ans de cruelle souffrance, Le sort, sans la lasser, éprouva sa constance; A sa ruine (nul à la fois conspirait, Ce qu'il avail gagné, la merle dévorait; Chaque jour l'accablant d'une perte nouvelle, Sa fortune entraînait son crédit avec elle; Cependant, enrichi des délais de son bien, Son fils ignorait tout, et ne manquait de rien; C'était le seul bonheur de ce malheureux père!... Tout à coup, le destin cesse d'être contraire; La chance se retourne, et voici que d'abord lu \ aisseau qu'il croyait naufragé rentre au port; Ses magasins à sec de richesses s'emplissent ; M n'a plus qu'à vouloir, tous ses vœux s'accomplissent;