‹ Comédies en versChapitre 190 sur 231 · ACTE II. SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈNE

Et quand j'aurai fini, Monsieur, vous répondrez. Vous m'avez dit que, seul, étranger sur la terre, Je n'avais plus que vous... Et cependant mon père, Mon noble père, pauvre alors, riche aujourd'hui, Veillait sur son enfant et s'épuisait pour lui !... Chaque fois qu'un vaisseau descendait vers la France, Il m'envoyait le fruit de sa longue souffrance; Et cet argent, par tant de sueurs acheté, Cet argent... c'est celui que vous m'avez prêté!

MAURIC E.

Mais...

GEORGE

Je n'ai pas fini... Vous m'avez dit encore...

Et comment soupçonner des ruses qu'on ignore ;

J'ai cru loyalement à ce que vous disiez,

A l'honneur, à l'amour, aux saintes amitiés,

J'ai cru votre pays aussi pur qu%le nôtre,

Et, comme en Dieu, j'ai mis ma croyance en la vôtre ;

Mais votre cœur à tous est vil et dépravé ;

Je croyais à l'honneur et n'en ai pas trouvé;

Je croyais à l'amour, à l'amitié fidèle;

Je serais mort pour vous, je serais mort pour elle ;

Je vous aimais tous deux, tous deux vous me trompiez ! ii. 19

290 l".N JE UNI-: HOMME

MARIE

Moi!

GEOBGE.

("est lâche !

Jamais!... je le jure à vos pieds...

Jamais!

GEORG E

Ne cherchez plus à m'abuser, Madame.

Uuoi! vous croyez...

GEORGE

Je n'ai que du doute dans l'âme!

A force d'avoir cru, je ne crois plus à rien; Je ne crois qu'à mon père... Il va venir... Eh bien , Il ne rougira pas de son lils qu'il estime ; Je brise tous les nœuds qui m'attachaient au crime; Ne me parlez jamais d'amitié ni d'amour; Je ne vous connais plus; je repousse à mon tour D'odieux souvenirs, et de perfides Larmes; Mou père vient, sortez... Sortez d'ici...

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