‹ Comédies en versChapitre 193 sur 231 · ACTE II. SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈNE V

MAURICE

Pour reculer J'étais allé trop loin et dus toujours aller; Votre nom me gênait, je vous en fis un autre.

M A H I E , à part.

Qu'entends- je ?

MAC il 1C E.

Je reçus vos lettres sous le vôtre ; Je touchai votre argent dont vous aviez besoin; Je vous l'offris, mais non, vous n'en voulûtes point ; Votre orgueil se serait offensé de le prendre... Je vous le prêtai donc... n'osant pas vous le rendre. Voilà, voilà mes torts.

GEORGE

Malheureux !

MAURICE

En effet !

Et maintenant, voici ce que vous m'avez fait : Jeune, riche... du moins ayant l'espoir de l'être. J'aimais le plaisir, plus qu'il n'eût fallu peut-être; Ma tante alors voulut m'avoir à Ghâteauroux ; J'ignorais dans quel but... et partis avec vous!

Bientôt elle m'apprit l'objet de ce voyage, Il était question pour moi... d'un mariage...

M I It 1 E.

Monsieur !

UEOKG E.

Je l'ignorais !

M \IRIC E.

Cela m'est bien égal!...

Exprès ou non, tous deux vous m'avez fait du mal ; Vous avez tous les deux trompé ma confiance ; Vous avez contre moi, ebez moi, fait alliance; Vous vous êtes aimés... et moi, trahi par vous, Je n'ai pas même pu vous dire : battons -nous! L'bonneur... un faux honneur m'a retenu... ma dette Encbainait ma vengeance, et la rendait muette. De ma tante, à genoux, j'implorai le secours; Elle ne me crut pas... A d'autres j'eus recours... Des gens qui, sans pudeur, avaient vide ma bourse, Lorsque j'eus besoin d'eux furent tous sans ressource; Et, repoussé par tous, je dus me condamner A me taire, à souffrir... mais non à pardonner ! Dès lors, ce que j'avais fait par faiblesse humaine, Je le fis par calcul, par vengeance, par haine...

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