‹ Comédies en versChapitre 230 sur 231 · POUR LE DOUZIEME BANQUET · texte numérisé non relu

POUR LE DOUZIEME BANQUET

ANCIENS ÉLÈVES DU COLLÈGE DE SENS

ERIGE EN LTCEE IMPERIAL.

3 décembre 1854.

Nous l'avons tour à tour chanté, gais ou sévères, Ce vieux collège, ami de nos jeunes travaux ; Pour lui ce soir encor le joyeux choc des verres Nous invite à des chants nouveaux !

Heureux de retourner, en marchant dans la vie, Du côté du berceau nos yeux reconnaissants , Suivons ensemble, amis, la route tant suivie Qui mène de Paris à Sens !

Nous les retrouverons à leur antique place Nos remparts éternels par les Romains bâtis.

Oui nous lircni parfois, aux heures de la classe, Trembler, quand nous étions petits!

Nous les retrouverons nos studieuses salles, Où le travail jadis nous paraissait si dur, Et, dans la grande cour, la trace de nos balles Empreinte encore sur le mur!

Nous 1rs retrouverons vivants, ineffaçables,

.Nos bonheurs, nos ennuis, nos jeux, nos pleurs versés;

De plaisirs fugitifs impressions durables,

Doux souvenirs des maux passes!

Nous la retrouverons enfin la cage aimée,

D'où gaiment, un beau soir, nous nous sommes enfuis,

Et qui, s'ouvrant toujours, s'esl toujours refermée,

Sur les pères et sur les tils!

Derrière noire mail, dont l'ombre la protège, C'est elle, la voilà!... VOUS la reconnaisse/.! — Riais non, tout a changé, ce n'est plus le collège, Ce ne sont plus les grands fossés !

Respectés par le temps, respectés par la guerre,

Les fosses sont remplis, les remparts sont à bas;

Que t'ont là ces deux murs d'une blancheur vulgaire ? Ce n'est plus le collège, hélas !

C'est mieux que le collège, amis, c'est le lycée! Ne les insultons pas ces murs qui noirciront ; Du vieux lierre sur eux la trace est effacée; Déjeunes lauriers y viendront!

Notre ancienne maison a doublé son eneeintt ; Le Dieu nouveau trouvait le temple trop petit, Accourez, jeunes gens, de la lumière sainte Pour vous le foyer s'agrandit!

Le travail est la loi du monde, a dit un sage. 11 en est le besoin, et le premier de tous. A cet hôte divin, enfants, rendez hommage; C'est le travail qui vient à vous !

Travaillez !... hâtez- vous de devenir des hommes; Le mérite aujourd'hui marque à chacun son rang; C'est par le travail seul, dans le siècle où nous sommes, Qu'on est petit ou qu'on est grand !

Travaillez!... tout s'émeut!... Les arts et l'industrie Convoquent l'univers à de nobles combats,

DISCOB RS

Et, pour de grands devoirs, notre mère patrie Réclame des cœurs et des bras !

Faites plus, laites mieux que ne tirent vos frères; Ils labouraient le champ où vous moissonnerez ; Us marchaient dans la nuit, incertains, solitaires. Au grand soleil vous les suivrez !

Ghers lycéens de Sens, vos aînés vous attendent; A l'appel d'aujourd'hui vous répondrez demain ; D'ici déjà nos mains vers les vôtres se tendent; Faites la moitié du chemin !

Venez à nous, venez, amis que l'on ignore ; Prenez place sans crainte au banquet des anciens: Le collège n'est plus; pour le chanter encore Soyons tous des collégiens!

Noire lâche finit... la \ôire esl commencée; Puissenl de loris liens étroitement unir Les hommes du collège aux enfants du lycée. Et le présent à l'avenir !

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