ACTE I, SCENE II
PIERRE, à part.
Encore !
MADAME DURAND
Malepeste ! avec de pareils yeux, On peut prétendre à tout, sans être ambitieux. Aujourd'hui la noblesse est la seule puissance, Mais celle de beauté vaut celle de naissance; Les hommes ont besoin de titres et d'aïeux... Une femme jolie est aussi noble qu'eux! On n'exige pas d'elle une illustre famille ; Elle est belle, il suffit... elle est noble ; oui, ma tille, Avec un tel mérite, il n'est titre ni rang Qui ne vous soit ouvert.
PIERRE
En vous déshonorant !
MADAME DURAND
Plaît -il?
PIERRE
Vi is m'entendrez... j'ai lâché les écluses; Dusse -je, en finissant, vous faire des excuses, Je parlerai, morbleu! puisqu'il en est ainsi... Vous aimez votre fille, et moi, je l'aime aussi;
.Mais nous ne L'aimons pas de la même manière : Voire aiiioui' vous aveugle, el mon amour m'éclaire. Kn aspirant trop haut, vous n'arrivez à rien. Vous lui laites du mal en voulant trop son bien. A quoi bon, s'il \ous plaît, ces rêves de nobles Dont vous venez eu l'air séduire sa jeunesse ? A quoi bon ces grands mots, ces blasons prétendus Que je ne comprends pas, morbleu! ni vous non plus ! D'une honnête personne est-ce l'honnête mise? Vous l'ornez de clinquant comme une marchandise; Sous des Heurs de papier vous cachez ses cheveux; Vous flétrissez sou front de diamants douteux, ht danscel attirail vous la mettez en montre, Pour surprendre au passage un baron de rencontre. Un insolenl baron qui, quand il la verra, Rira de votre fille, et vous méprisera.