‹ Comédies en versChapitre 5 sur 231 · ACTE I, SCÈNE II. M · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II. M

Au lieu de l'anoblir par un nom frauduleux ,

Il fallait cultiver la bonté naturelle

Des sentiments beureux qu'on découvrait en elle;

Vous l'auriez vue alors, respectable pour tous,

Trouver sans artifice, au lieu d'un, vingt époux...

Une femme a toujours un moyen légitime

De forcer notre amour en forçant notre estime :

MADAME DURAND

Votre estime, mon cber, on en fait peu de cas, Et quant à votre amour, ma fille n'en veut pas.

PIERRE

Elle a tort... mais bientôt peut-être, rebutée

D'être toujours offerte et toujours rejetée,

Votre fille ouvrira ses yeux, et quelque jour

De votre aveuglement accusera l'amour.

Alors vous aurez beau lui jeter à la tête

Vos orgueilleux projets de gloire et de conquête;

11 ne sera plus temps; vous la verrez, morbleu !

Aussi vrai que je suis Durand votre neveu,

Heureuse d'être enfin, en dépit de sa mèie,

Femme d'un bon marchand ou de son cousin Pierre.

MADAME DURAND

D'un marchand! mon Emma la femme d'un marchand!

l'IKRB E.

Et, s'il s'en présente un, prenez-le sur-le-champ.

J'aimerais mieux la voir fille toute sa vie!

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