ACTE QUATRIEME
STERNAY.
Mais oui.
CLARA
Vous l'avez vu?
STERNAY.
Non; je le croyais ici. L'huissier du ministre vient de me dire qu'il l'avait vu et qu'il était reparti. Il sera peut-être allé tout de suite voir Hermine chez la marquise.
CLARA
Non, il viendra ici d'abord.
Vous croyez ?
CLARA
J'en suis sûre.
ARISTIDE
Il ne manquerait plus qu'il ne vînt pas voir sa mère avant tout le monde!
LE MARQUIS
L'huissier t'aura dit cela pour se débarrasser de toi, il ne te connaît pas.
STERNAY.
Comment, il ne me connaît pas! Il sait bien que je suis le père de Jacques.
LE MARQUIS
Tu l'as dit même à l'huissier^?
STERNAY.
La première fois que j'ai demandé une audience au ministre.
LE MARQUIS
Tu as donc vu le ministre ?
STERNAY.
Naturellement, pour avoir des nouvelles de Jacques, puisque je ne savais pas où lui écrire.
LE MARQUIS
Alors, le ministre sait...?
STERNAY.
Il sait tout; il m'a tenu au courant de la mission de Jacquesdepuis qu'elle peut être connue. Il m'a communiqué les dépêches de mon fils.
CLARA, souriant.
De notre fils.
STERNAY.
Oui, chère amie, oui. C'est merveilleux de clarté, d'intelligence, d'habileté ! J'ai vu aussi les lettres de notre ambassadeur et du sultan lui-même, traduites, bien entendu. Ils reconnaissent tout simplement que Jacques les a sauvés.
CLARA
Qu'a-t-il donc fait?
STERNAY.
Il ne vous l'a pas écrit?
CLARA
Non, ce n'était pas son secret.
STERNAY.
Alors, vous ne savez rien?
CLARA
Rien
Mais Jacques vient de sauver l'Europe!
CLARA
Mon fils!